La colère monte à Berne après un don aux Clinton

Aide au développementEn pleine crise bancaire avec les USA, la DDC a versé un demi-million à la Fondation Clinton. Maladresse ou erreur politique?

La fondation Clinton a été fondée par Bill Clinton, ex-président et époux de la candidate malheureuse.

La fondation Clinton a été fondée par Bill Clinton, ex-président et époux de la candidate malheureuse. Image: Keystone

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La Suisse est ébranlée par les polémiques autour de la Fondation Clinton. Hier, la Schweiz am Sonntag révélait que la Direction du développement et de la coopération (DDC) avait versé un don de près de 500 000 francs à cette organisation créée par Bill Clinton et dont les buts humanitaires, philanthropiques et écologiques sont controversés. Un montant destiné à un projet mené au Liberia contre la mortalité infantile.

Et si l’affaire est potentiellement explosive, c’est que la somme a été versée en 2011. Berne est alors en plein différend politique et judiciaire avec Washington à propos des comptes de clients américains dans les banques suisses. A la tête de la diplomatie helvé­tique, et donc aussi responsable de la DDC, Micheline Calmy-Rey. A la tête de la diplomatie amé­ricaine, Hillary Clinton. Cette somme a-t-elle joué un rôle dans la résolution du conflit? Cette question est en filigrane de la polémique. D’autant plus que, à l’époque, la secrétaire d’Etat américaine était en contact étroit avec la conseillère fédérale.

Dans le journal dominical, des diplomates critiquent un don «discutable» d’un pays neutre à une organisation appartenant à un ancien président. La DDC – elle – dément. «Nous n’avons pas d’autres liens opérationnels ou financiers avec la Fondation Clinton. La Suisse n’a pas d’agenda caché et n’instrumentalise pas la coopération au développement à des fins politiques.»

Très problématique

Etant à l’étranger, et n’ayant pas lu l’article, Micheline Calmy-Rey n’a pas souhaité réagir. Mais sous la Coupole, la stupéfaction l’emporte. «C’est très problématique, commente Luzi Stamm (UDC/AG). Si cette affaire est avérée, ce n’est pas la DDC qui doit être pointée du doigt, mais Micheline Calmy-Rey.» Même du côté des fidèles lieutenants de la Genevoise, on est emprunté. «Je suis très surpris par ces révélations, commente Carlo Sommaruga (PS/GE). Il n’est pas fréquent que la DDC passe par une fondation dont le but premier n’est pas l’aide au développement. C’est une erreur politique.»

Ce don a-t-il pu faciliter les relations avec les Etats-Unis? «Affirmer cela, c’est sous-entendre que Hillary Clinton a pu être corrompue.» Quelles conséquences faut-il en tirer? «Nous devons dés­ormais contrôler que l’argent a bien été investi, dit Carlo Sommaruga. L’efficacité de ce projet doit être évaluée. Pour la suite, il faut une plus grande attention autour des dépenses de la DDC.»

L’affaire ne va pas en rester là. Roland Büchel (UDC/SG), président de la Commission de politique extérieure du National, prévient d’ores et déjà qu’il exigera des éclaircissements de la part du Département des affaires étrangères. «Notre prochaine séance est prévue dans une semaine à Genève. Didier Burkhalter devra répondre à nos questions.»

«Ne pas diaboliser»

Face à cette agitation, certains élus appellent à un peu de retenue. «Nous ne devons pas partir sur les chapeaux de roues, réagit Manuel Tornare (PS/GE). Ce don n’était sans doute pas judicieux, mais j’ai quand même du mal à croire qu’il est possible d’acheter les Etats-Unis avec 500 000 francs. Les républicains étant désormais au pouvoir à Washington, je ne doute pas que toute la lumière sera faite sur la Fondation Clinton.»

Cette fondation, Claude Béglé (PDC/VD) la connaît bien. Membre lui aussi de la Commission de politique extérieure, le Vaudois a pris part il y a quelques années à la Clinton Global Initiative. «A titre personnel, je ne pense pas qu’il s’agit de corruption. La DDC a ses propres objectifs. Elle a sans doute estimé que la Fondation Clinton était l’organisation la mieux placée pour aider dans ce domaine.» Et l’élu PDC de conclure: «Durant la campagne des élections américaines, on a diabolisé Trump; il ne faudrait pas dés­ormais diaboliser tout ce que les Clinton ont fait.» (TDG)

Créé: 14.11.2016, 08h31

L’effet Trump sur la politique de sécurité

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche peut-elle influencer la politique de sécurité en Suisse? Corina Eichenberger (PLR/AG) l’envisage dans la NZZ am Sonntag. «Si les Etats-Unis freinent leur engagement dans l’OTAN, l’Union européenne pourrait attendre de la Suisse qu’elle renforce le sien avec elle», analyse la présidente de la Commission de la politique de sécurité du National. Dans la foulée, le président du PS, Christian Levrat, imagine l’UE développer un concept sécuritaire commun auquel la Suisse devra prendre part.
Cet avis, plusieurs élus ne le partagent pas. En tout cas pour le moment. «Il est beaucoup trop tôt pour juger de ce que sera la politique extérieure des Etats-Unis», estime Yannick Buttet (VS), vice-président du PDC. «On a connu le candidat Trump, attendons de voir le président, et de qui il s’entoure», ajoute Hugues Hiltpold (PLR/GE). Thomas Hurter (UDC/SH) estime que cette élection ne change pas fondamentalement le con­cept de sécurité en Suisse.

Et même si l’UE développe un concept européen de défense, les élus ont du mal à imaginer la Suisse le rejoindre. «Cela irait à l’encontre du principe de neutralité, qui guide notre politique de sécurité», dit la sénatrice Géraldine Savary (PS/VD). L’arrivée du nouveau président pourrait toutefois avoir un effet positif dans l’est de l’Europe, analysent ces élus: Trump n’ayant jamais caché son admiration pour Poutine, les relations entre Moscou et Washington pourraient se réchauffer.

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