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«La classe moyenne inférieure vit de plus en plus à la limite de la pauvreté»

Le Centre social protestant lance une nouvelle campagne ce mardi

Archives/Photo d'illustration/Keystone

Le Centre social protestant (CSP) consacre sa campagne annuelle de mars à la classe moyenne inférieure. Ses membres ont souvent des revenus proches du seuil de la pauvreté, mais n'ont pas droit à des prestations d'aide sociale. Ils sont ainsi particulièrement vulnérables face aux coups durs de la vie. Bastienne Joerchel, directrice du CSP Vaud, nous décrit cette problématique malheureusement croissante.

Pourquoi cette attention particulière sur la classe moyenne inférieure?

Dans nos consultations, toujours plus de personnes arrivent trop tard. Ce sont des gens qui ont été confrontés à un coup dur, comme une perte d'emploi, un divorce, une maladie ou un accident. Tout d'un coup, ils se trouvent dans une situation qu'ils n'ont pas su gérer. Ce sont principalement des questions financières, ils ont accumulé des dettes de manière assez rapide.

Cette paupérisation de la classe moyenne inférieure est-elle un phénomène nouveau?

Il date depuis quelques années déjà, mais il est probablement en train de se renforcer. L'Office fédéral de la statistique a effectué une enquête en 2013 qui montre les signaux d'une séparation de la classe moyenne en deux catégories. Il y a d'un côté une classe moyenne supérieure qui vit confortablement et qui, proportionnellement au reste de la population, voit ses revenus augmenter. Et de l'autre, une classe moyenne inférieure qui vit de plus en plus à la limite du seuil de pauvreté. Ce sont des gens qui travaillent, ont un revenu, une vie "normale". Mais le moindre événement peut tout à coup les faire basculer en dessous du seuil de pauvreté.

Vous avez mentionné le fait que vos services n'arrivent pas à répondre face à cette demande croissante.

Oui, nous manquons de moyens, et c'est aussi pour cela que nous lançons un appel. Les Centres sociaux protestants (CSP) sont financés pour moitié par des fonds publics - des contrats de prestations, des subventions - et pour moitié par des dons privés.

Pensez-vous que la classe politique n'a pas suffisamment conscience du problème?

Oui. Mais cette question devient d'actualité et des mesures apparaissent un peu partout. Avant, cette classe moyenne formait la majorité silencieuse. Finalement, ces gens vivaient bien et ne s'exprimaient pas trop. Aujourd'hui, on constate, et l'Office fédéral de la statistique avec nous, que cette population se sent toujours plus dans une situation d'insécurité. Elle est inquiète, exprime une perte de confiance. Du coup, elle commence à s'exprimer, notamment au travers des choix politiques exprimés dans ses votes.

Quels sont les éléments essentiels, à vos yeux, pour améliorer la situation de cette classe moyenne inférieure?

Il faut cibler les problématiques. La plupart des dettes de ces personnes sont des arriérés d'impôts ou de primes d'assurance. Pour le premier point, cela vient souvent du fait que les impôts ne sont pas pris en compte dans le calcul du minimum vital lors de poursuites et de saisies sur salaire. Cela fait cinq ou six ans que nous tirons la sonnette d'alarme sur cette problématique qui est très courante. Il nous semble évident que les impôts doivent être payés et qu'il faut donner à ces personnes les moyens de le faire.

Le deuxième élément est l'assurance-maladie. La hausse des primes fait pression sur le budget de ces familles, notamment lors de changements de situation comme le passage à l'âge adulte des enfants ou si ces derniers sortent de formation et n'ont plus le droit à des allocations d'étude ou à des rentes d'orphelins.

Dans les mesures à prendre, vous évoquez aussi la problématique de l'accès au petit crédit.

Oui, cette classe moyenne aspire souvent à des dépenses qui faisaient partie de ses possibilités, comme une semaine de vacances, des loisirs ou une belle voiture. Parfois, de manière irréfléchie, ces gens s'endettent auprès d'institutions de crédit. Un travail de sensibilisation doit être effectué dans ce domaine. Surtout, il faut une réglementation plus sévère. Nous regrettons beaucoup que le Parlement ait refusé d'entrer en matière sur l'interdiction de la publicité des petits crédits sur l'espace public.

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