Les cinq recettes pour vieillir en bonne santé

SociétéUn congrès national sur la santé dépoussière l’image de la vieillesse. Et donne des conseils pour prolonger sa vie.

Faire une activité physique, comme ici une sortie de Pro Senectute, participe au bien vieillir.

Faire une activité physique, comme ici une sortie de Pro Senectute, participe au bien vieillir. Image: CHRISTIAN BEUTLER/Keystone

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«La vieillesse est un naufrage». Cette citation attribuée à Chateaubriand, et reprise par de nombreuses personnalités, dont de Gaulle, continue de marquer notre vision de la vieillesse et des «vieux». La société les considère encore trop souvent comme des poids morts, des personnes largement atteintes dans leur santé physique et psychique.

Lors d’un congrès national qui s’est tenu à Berne ce lundi, des professionnels ont battu en brèche ces clichés. Pour Delphine Roulet Schwab, professeure à la Haute École de la santé La Source et présidente de Gerontologie.ch, la majorité des seniors se porte bien. Des exemples? Après 80 ans, seuls 15% vivent en EMS, 8% sont dans l’incapacité de se déplacer et moins de 6% se révèlent incapables de prendre une douche ou un bain.

Les seniors ne sont donc pas des petites choses fragiles qu’il faut surprotéger ni des analphabètes d’internet. 75% des 60 à 69 ans surfent sur le Net plusieurs fois par semaine. Quelles sont les recettes qui permettent de vieillir en bonne santé? En voici cinq, choisies selon les différentes pistes avancées lors de ce congrès.


1. Bougez et veillez à votre alimentation

L’hygiène de vie est un facteur clé. On fera donc attention à avoir une nourriture diversifiée et à ne pas manger trop gras, ni trop sucré. Il faut aussi bouger régulièrement pour entretenir la machine. «Le bien vieillir, cela commence dès l’enfance, s’exclame Yann Rod, délégué seniors de la Ville de Lausanne. Voilà pourquoi la Municipalité promeut le sport.» Mais il n’y a pas d’âge pour entretenir son physique. À la retraite, cela permet aussi d’éviter les chutes, encore trop nombreuses. Un tiers des octogénaires et plus perdent l’équilibre. Ce qui peut avoir des conséquences fatales.


2. Combattez le paternalisme et réfléchissez à la mort

«Les seniors sont parfois traités comme des enfants, même par des personnes bien intentionnées», note Delphine Roulet Schwab. Pas bon du tout pour l’estime de soi. Alors ne laissez pas les autres décider pour vous. Identifiez vos besoins ou ce qui vous déplaît, et communiquez-le. Autre conseil de cette spécialiste: «Ne morcelez pas la vie en différentes séquences mais considérez-la dans toute son amplitude. Prenez en compte la mort. C’est parce que la vie a une fin qu’elle a un sens et une valeur particulière.» En termes de politique de la santé, il convient aussi d’intégrer les seniors dans les campagnes de prévention qui les concernent afin d’augmenter leur pertinence et leur efficacité.


3. Soignez vos relations sociales au fil du temps

Ne restez pas seul dans votre coin après la retraite. Plus vous vieillissez, plus votre réseau de contemporains va se rabougrir. Au lieu de déprimer et regretter le bon vieux temps, tissez des liens avec de nouvelles personnes. Entreprenez des activités (politiques, sociales, ludiques) qui vous tiennent à cœur. L’État vous aide aussi à sortir de votre coquille en vous facilitant la vie: développement de logements intergénérationnels, subventionnement d’activités diverses ou pose de simples bancs sur votre trajet entre le domicile et le magasin d’alimentation du quartier.


4. Soyez (si vous pouvez...) universitaire et riche

«Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade», dit un fameux dicton. Eh bien, si on examine le capital santé, c’est un peu la même chose. Un universitaire peut tabler sur une espérance de vie de 4ans supérieure à une personne qui a suivi uniquement l’école obligatoire. «Et cette différence se monte à 6ans entre les plus riches et les 10% des plus pauvres», ajoute Alain Berset, le chef du Département fédéral de l’intérieur. Voilà pourquoi il estime qu’une bonne santé ne repose pas uniquement sur la responsabilité individuelle, mais qu’elle implique aussi une responsabilité de l’État pour corriger les inégalités.


5. Faites taxer le sucre, l'alcool et le tabac

Biberonner des boissons sucrées à longueur de journée, c’est un cauchemar pour sa santé et une bénédiction pour le diabète. Voilà pourquoi l’Angleterre a décidé de faire reculer la consommation de ce type de breuvages. Samuel Hanes, directeur de la stratégie et de l’innovation dans une entreprise analysant le comportement des gens, est venu expliquer à Berne comment le gouvernement avait procédé. D’abord il a été décidé de mettre un avertissement «Haute teneur en sucre» sur la bouteille. Recul des ventes: 7%. Pas terrible. Le fait de positionner les bouteilles hors de la vue des consommateurs a eu aussi un effet, mais pas déterminant.

Puis le gouvernement a décidé de sortir le bazooka. Il a augmenté de 20% le prix des boissons sucrées en modulant la taxe selon leur teneur en sucre. Plusieurs marques ont alors instantanément baissé leur niveau de sucre. Résultat global? Les ventes de boissons sucrées ont augmenté de 10%… mais le taux de sucre vendu a diminué de 21%. La taxe a donc fonctionné, ce qui n’est pas une surprise pour les professionnels de la prévention qui demandent depuis longtemps de frapper au porte-monnaie –que ce soit pour le sucre, le tabac ou l’alcool.

Que pense Alain Berset, le ministre de la Santé, d’une éventuelle taxe sur les boissons sucrées? «Il est intéressant de voir ce qui se fait dans les autres pays. En Suisse, nous avons choisi la collaboration avec l’industrie pour diminuer le taux de sucre. Soit nous arrivons à des résultats, soit il faudra prendre d’autres mesures.»

Créé: 17.02.2020, 20h52

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