Christa Markwalder première citoyenne de Suisse

BerneLe National a élu lundi la PLR bernoise à sa présidence. Cette juriste de 40 ans succède au socialiste valaisan Stéphane Rossini.

A la présidence du National, la Bernoise de 40 ans couronne une carrière politique qui s'est déroulée presque sans accrocs.

A la présidence du National, la Bernoise de 40 ans couronne une carrière politique qui s'est déroulée presque sans accrocs. Image: Keystone

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La PLR Christa Markwalder a été élue lundi première citoyenne du pays pour l'année 2016 par le Conseil national par 159 voix sur 183 bulletins valables. La juriste de 40 ans succède au socialiste valaisan Stéphane Rossini à la présidence. nDouze voix ont été attribuées à Christian Wasserfallen (PLR/BE) et douze voix à d'autres personnes.

La nouvelle présidente souhaite placer son année de présidence du Conseil national sous le signe du respect. Le respect pour ce qui a été accompli dans le passé pour notre pays, mais aussi pour les défis que nous devrons maîtriser ensemble pour faire avancer la Suisse, a dit lundi la libérale-radicale bernoise.

La nouvelle première citoyenne du pays a exprimé ce terme dans les quatre langues nationales: «Respekt, respect, rispetto, respect». Et pour illustrer cette diversité culturelle, elle a remercié pour ses interprétations le «quatuor à cordes de milice», formé de conseillers nationaux issus de quatre partis et dont elle fait partie. Et d'ajouter: «C'est le ton qui fait la musique - c'est le ton qui fait la politique!»

Défis à Berne

La Bernoise a aussi insisté sur les défis qui attendent le Parlement durant cette 50e législature. Il s'agit de grandes réformes à long terme et qui déploieront d'énormes effets, comme la prévoyance vieillesse 2020, la Stratégie énergétique 2050 ou la 3e réforme de l'imposition des entreprises.

En politique extérieure, il s'agira de redéfinir nos relations avec l'Union européenne tout en trouvant ensemble des réponses aux flux migratoires et aux horribles attaques terroristes, a relevé Christa Markwalder. Dans notre monde connecté, les politiques intérieure et extérieure ne peuvent plus être explicitement séparées, elles sont interdépendantes.

A la présidence de la Chambre du peuple, la Bernoise de 40 ans couronne une carrière politique qui s'est déroulée presque sans accrocs. La jeune libérale a commencé sa carrière en 1999 au parlement de Berthoud (Burgdorf), dans le canton de Berne. Trois ans plus tard, elle conquiert un siège au parlement cantonal aux dépens de son père Hans-Rudolf Markwalder. Dès l'année suivante, âgée de 28 ans, elle entre au Palais fédéral, et libère ainsi sa place au législatif bernois pour son père.

4e législature

Mme Markwalder entame désormais sa quatrième législature sous la Coupole fédérale. Ce qui viendra après reste ouvert, mais elle n'aspire pas à un mandat exécutif. «Je suis une parlementaire corps et âme», car cela permet davantage de créativité et d'innovation dans la politique, déclare celle qui travaille à mi-temps comme juriste pour l'assurance Zurich.

A la Chambre basse, cette députée ouverte sur le monde incarne l'aile gauche du Parti libéral-radical. Elle s'illustre en politique extérieure et s'engage, en tant que présidente du Nouveau mouvement européen suisse (NOMES) de 2006 à 2014, en faveur d'une adhésion de la Confédération à l'Union européenne.

Les valeurs fondamentales de l'Etat de droit sont très chères à la juriste. «Les initiatives populaires qui remettent en question les principes de l'Etat de droit ou le droit international me font mal au ventre».

Dégoûtée par l'opportunisme

Quant à ses modèles en politique, Christa Markwalder répond avec diplomatie: «Les politiciens et politiciennes qui m'impressionnent sont ceux qui se battent pour leurs convictions et qui sont aussi prêts à prendre des décisions impopulaires». Populisme et convoiter des majorités l'irritent.

La conseillère nationale s'écarte régulièrement de la ligne du parti, notamment sur le tournant énergétique: elle fut la seule membre du PLR au Conseil national à voter le premier paquet de mesures de la Stratégie énergétique 2050. Elle s'oppose par ailleurs à la construction d'un deuxième tunnel routier au Gothard.

Ces quatre années à venir, UDC et PLR disposent désormais au Conseil national, avec les petites formations de droite, de 101 sièges sur 200. Mme Markwalder ne pense toutefois pas que sa voix prépondérante, en tant que présidente du Conseil national, revêtira une plus grande signification.

«Nous restons un parlement avec des majorités changeantes», souligne-t-elle. Elle voit sereinement «ce bloc de droite, principalement évoqué par les médias».

Affaire kazakhe sans conséquence

Christa Markwalder ne veut pas revenir sur l'affaire dite du Kazakhstan, qui a fait les titres de la presse cet été. Le Parlement a d'abord voté contre la levée de son immunité pour violation du secret de commission, puis le peuple lui a accordé sa confiance pour un quatrième mandat de députée.

«Nous devons regarder ensemble vers l'avant, car la Suisse est confrontée à des défis majeurs», insiste-t-elle. La réforme du système de la prévoyance vieillesse, la stratégie énergétique et la réforme de l'impôt des entreprises III sont des projets colossaux. «Il nous faut aussi clarifier notre relation avec l'Europe et nous cherchons toujours comment répondre au flux des réfugiés et aux attaques terroristes».

Le respect comme devise

La députée est consciente que les débats seront plus durs dans une arène politique de plus en plus polarisée. Elle place donc son année présidentielle sous le signe du respect: «Le respect des institutions politiques, de nos valeurs fondamentales, des minorités linguistiques et du droit international».

Une bonne conduite parlementaire doit permettre un débat substantiel et respectueux. C'est un défi particulièrement durant la première année de la nouvelle législature, puisqu'un quart des parlementaires sont nouveaux. «Certains ont besoin de temps pour réaliser qu'il ne s'agit désormais plus d'une campagne électorale, mais de faire avancer la Suisse.»

Première citoyenne du pays, Christa Markwalder s'efforcera aussi de promouvoir le respect au sein de la population. Elle compte par exemple souligner l'importance du bénévolat en Suisse, «car le nombre et la variété des organisations qui s'engagent dans le social, la culture ou le sport font la force de la société civile».

La musique joue un rôle important dans les loisirs de la députée. Elle est violoncelliste depuis 23 ans dans la société d'orchestre de Berthoud. Elle a encore lancé un quatuor à cordes multipartite au Parlement. (ats/nxp)

Créé: 30.11.2015, 16h35

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