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Les chômeurs pénalisés à cause de leur âge iront-ils en justice?

Interdire la discrimination à l’embauche due à l’âge: c’est l’idée d’une initiative populaire pour aider les plus de 50 ans.

Keystone

Le débat prend décidément de plus en plus de place en Suisse: comment faire en sorte de diminuer la part de chômeurs de plus de 50 ans? Air connu: une fois licencié, un travailleur senior peine souvent plus que d’autres, et surtout bien plus longtemps, avant de retrouver un travail. Salaire et cotisations sociales hautes sont alors autant de freins à l’embauche, qui s’ajoutent à la simple notion d’âge. Au mois de septembre, «Le Matin Dimanche» citait par exemple les chiffres édifiants émanant de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS): le taux de chômeurs de 55 à 64 ans, en fin de droits, qui émargent ensuite à l’aide sociale, a augmenté de 50,5% entre 2010 et 2016. Des statistiques qui pourraient être pires, de nombreux seniors faisant tout pour échapper au «social», au sentiment de déchéance l’accompagnant, ou ne s’y inscrivant pas alors qu’ils y ont droit. C’est dans ce rude contexte que la «NZZ am Sonntag» révélait ce week-end le lancement imminent d’une nouvelle initiative populaire, portée par l’association Avenir50plus. L’idée est de proposer une disposition constitutionnelle prévoyant la possibilité de poursuites en justice si l’on s’estime victime de discrimination en raison de l’âge. Les annonces d’emploi ne pourraient plus intégrer une limite d’âge supérieure. Il en serait de même pour les offres d’emploi en ligne qui filtrent les postulants en fonction de leur date de naissance. Pour la présidente d’Avenir50plus, Heidi Joos, «les images liées à l’âge doivent changer», et une telle loi y contribuerait.

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