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SuisseLe cerf de Jägermeister a perdu tout sens chrétien

Le tribunal fédéral a estimé que le logo de Jägermeister, un cerf avec une croix, pouvait être commercialisé sans que cela ne blesse de sentiments religieux.

La justice estime qu'n voyant ce logo, le chrétien moyen ne saisit pas la référence au cerf de saint Hubert.
La justice estime qu'n voyant ce logo, le chrétien moyen ne saisit pas la référence au cerf de saint Hubert.
Andrea Tummons/Unsplash

L'image d'un cerf avec une croix rayonnante entre ses bois éveille davantage les saveurs subtiles d'une liqueur aux herbes que des sentiments religieux. C'est la conclusion du Tribunal administratif fédéral au terme d'un conflit sur la marque.

Ce qui est valable au niveau international devrait aussi l'être en Suisse. C'est fort de ce principe que la société allemande Mast-Jägermeister a demandé la protection du célèbre logo au cerf qui orne les flacons de sa liqueur aux 56 herbes médicinales.

Saisi d'une requête portant sur une protection étendue à tous les produits et services, l'Institut fédéral de la propriété intellectuelle (IPI) a décidé de la limiter aux vêtements et boissons alcoolisées. Il craignait que la commercialisation d'une marque comportant une croix ne puisse blesser les sentiments religieux de certains acheteurs.

Le cerf de saint Hubert

Le Tribunal administratif fédéral n'a pas suivi ce raisonnement dans un arrêt publié lundi. En voyant ce logo, le chrétien moyen ne saisit pas la référence au cerf de saint Hubert.

Selon la légende, Hubert, évêque de Tongres et de Maastricht au début du VIIIe siècle (aujourd'hui en Belgique et aux Pays-Bas), était si passionné de chasse qu'il en négligeait sa charge. Battant les bois un Vendredi saint, il tomba sur un cerf blanc portant une croix lumineuse entre les bois. Une voix céleste l'aurait alors ramené à ses devoirs.

L'utilisation de cette image par la marque de liqueur a contribué à en changer le sens, estiment les juges de Saint-Gall. «Cet usage intensif a ainsi affaibli le caractère religieux.»

Dans son mémoire de recours, Mast-Jägermeister soulignait que d'autres marques ont obtenu l'enregistrement de symboles religieux. C'est le cas en particulier du groupe suédois de heavy metal «Ghost» qui associe la croix chrétienne et le croissant musulman.

(ats)

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