«Le cannabis ne détruit pas comme l’alcool»

SantéLe Groupement romand d’études des addictions veut tordre le cou aux fausses croyances sur le cannabis. Le point avec Daniele Zullino, médecin-chef du service d’addictologie des HUG.

Image: Keystone

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Que sait-on de l’effet du cannabis sur la santé mentale des consommateurs?
Ce qu’on sait, c’est que le THC à haute dose produit des effets psychotiques temporaires, comme des hallucinations. Dès que la substance est éliminée, les effets disparaissent. Si le lien entre cannabis et schizophrénie est avéré, rien ne prouve que la substance déclenche la maladie ou inversement. Les cas problématiques de consommation sont souvent liés à des comportements addictifs. Heureusement, ils ne concernent qu’une petite proportion de consommateurs.

La consommation régulière de cannabis produit-elle des effets à long terme sur le cerveau?
Non. S’il est effectivement mauvais pour la santé de fumer du cannabis, cela ne détruit pas les cellules du cerveau, comme le ferait l’alcool. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que si un jeune fume un joint avant un cours, il ne va pas pouvoir le comprendre aussi bien que d’habitude. Il va perdre du temps dans son apprentissage. Et c’est cela qui, à long terme, va l’empêcher de se construire socialement et intellectuellement.

Donc dès que la consommation de cannabis s’arrête, on peut retrouver sa capacité intellectuelle?
Du moment que toutes les substances sont éliminées de l’organisme, oui. Ensuite, si la motivation est présente, il est possible de suivre les cours normalement et de rattraper les retards accumulés. Au niveau biologique, le cerveau ne subit pas d’atteinte permanente, c’est un phénomène passager et réversible.

Quel message voudriez-vous transmettre aux parents qui ne savent plus quoi faire pour aider leurs enfants?
Que la situation n’est pas désespérée. Il existe des structures et des professionnels qui sont prêts à les soutenir. Nous avons l’habitude de prendre charge des jeunes. Nous les aidons à s’en sortir et à reprendre le cours de leur vie.

Créé: 04.05.2017, 16h45

Daniele Zullino, médecin-chef du service d’addictologie des HUG.

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