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SuisseMalgré la canicule, les glaciers tiennent le coup

Les fortes chutes de neige de cet hiver accordent un peu de répit aux glaciers suisses qui ne sont pas trop impactés par les fortes chaleurs de cet été.

Crevasse du glacier de la Silvretta, dans les Grisons.
Crevasse du glacier de la Silvretta, dans les Grisons.
archive/photo d'illustration, Keystone

Selon des relevés provisoires, la couche de neige qui recouvre les glaciers suisses était en mai de 20% à 40% supérieure à la moyenne.

«Normalement, l'hiver en haute montagne dure jusqu'à début mai, mais cette année, nous avons eu des chutes de neige conséquentes jusqu'à fin mai», a indiqué Andreas Bauder, de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

Le glaciologue s'est rendu récemment au glacier du Silvretta (GR) et a constaté avec étonnement que la neige y était encore abondante. «L'an dernier, la fonte des neiges a commencé déjà en avril et a duré pratiquement sans interruption jusqu'en juillet», ajoute le spécialiste.

Cette année en revanche, la couverture neigeuse sur les glaciers est encore très étendue. De nombreux cours d'eau charrient d'ailleurs encore une eau très claire, signe que c'est de la neige qui fond, et pas encore les glaciers.

Un bilan définitif ne pourra toutefois être tiré qu'en septembre, précise encore le glaciologue. «Tant que la chaleur ne persiste pas un mois ou plus, nous sommes prudemment optimistes», dit-il.

Des «vrais» hivers

Andreas Bauder co-signe dans la dernière livraison de la revue Les Alpes du Club alpin suisse un rapport sur l'hiver 2017/2018. Après deux années de disette, la Suisse a vécu un «vrai» hiver, du moins en montagne.

De novembre à avril, les Alpes ont connu, au-dessus de 1500 mètres, l'hiver le plus enneigé de ces 30 dernières années. En revanche, au-dessous de 1000 mètres, il y a eu presque deux fois moins de neige que d'habitude.

Le mois d?avril 2018 a cependant été exceptionnellement chaud. Au Jungfraujoch, il s'est même révélé être le plus chaud depuis le début des mesures effectuées par MétéoSuisse (1933). Cette situation a entraîné une rapide diminution d'environ un mètre de l'épaisseur de la neige, même entre 2000 et 3000 mètres.

Conséquence: de nombreux glaciers étaient déjà libres de neige en août, et jusqu'à la fin septembre, de grosses masses de glace ont fondu. La perte totale pour l'ensemble des glaciers suisses est estimée à 1,4 kilomètre cube, ce qui représente une réduction d'environ 2,5% du volume de glace actuel.

Sur les dix dernières années, les glaciers suisses ont ainsi perdu près d'un cinquième de leur volume. Réparti sur tout le territoire suisse, cela correspondrait à une couche de 25 centimètres d'eau.

Comparé aux années présentant de grosses pertes, l'été 2018 s'inscrit dans la lignée de 2017 et de 2015. Il reste toutefois loin derrière l?été extrême de 2003, principalement en raison de la quantité importante de neige tombée pendant l'hiver.

(ats)

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