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Succès de la campagne d’Opération Libero

Le mouvement de lobbyisme progressiste n’a fait élire que dix conseillers nationaux dont seulement trois nouveaux sous la Coupole.

Operation Libero avait lancé sa campagne en grande pompe sur la place Fédérale. En Suisse romande, seul Gerhard Andrey (ici au centre) a été élu.
Operation Libero avait lancé sa campagne en grande pompe sur la place Fédérale. En Suisse romande, seul Gerhard Andrey (ici au centre) a été élu.
Keystone

La très médiatique campagne d’Operation Libero aura finalement permis à dix candidats d’être élus au Conseil national. Mais, parmi eux, seuls trois sont de nouveaux entrants. Le succès de ce mouvement de lobbyisme prônant le changement est donc quelque peu modeste puisque 38 candidats de tous bords, se disant progressistes, y avaient adhéré ces derniers mois. Ils se rassemblaient sur des propositions comme la signature de l’accord-cadre avec l’UE, le mariage pour tous ou encore un objectif contraignant de réduction des émissions de CO2.

Les meneurs du mouvement affirment être satisfaits du résultat. «Nous espérions avoir entre cinq et neuf élus, car nous soutenions des nouveaux venus sur la scène fédérale, plus jeunes que la moyenne, explique Stéphane Decrey, responsable de la communication d’Operation Libero en Suisse romande. Il s’agissait surtout d’outsiders, d’où cet objectif limité.» L’organisation s’attendait aussi à avoir peu de nouveaux entrants sous la Coupole. «Il est difficile d’accéder au niveau fédéral. Nous voyons, en Suisse romande notamment, que les élus sont davantage des apparatchiks de partis. Pour les jeunes, la marche est haute et difficile à franchir», estime Stéphane Decrey.

«Le parlement n’a pas de majorité claire. Pour faire passer des réformes, comme celle du climat, il faut trouver des compromis, indique le responsable. Il est intéressant pour nous d’avoir ces élus qui se sont engagés dans cette politique commune, au-delà des clivages partisans, et qui ont côtoyé des politiciens d’autres partis tout au long de notre campagne.»

«Le parlement n’a pas de majorité claire. Pour faire passer des réformes, comme celle du climat, il faut trouver des compromis»

Avec seulement 5% du parlement acquis à sa cause, Operation Libero entend tout de même peser dans les débats. «Le parlement n’a pas de majorité claire. Pour faire passer des réformes, comme celle du climat, il faut trouver des compromis, indique le responsable. Il est intéressant pour nous d’avoir ces élus qui se sont engagés dans cette politique commune, au-delà des clivages partisans, et qui ont côtoyé des politiciens d’autres partis tout au long de notre campagne.»

Le soutien d’Operation Libero a-t-il été crucial pour les élus? Gerhard Andrey, nouvel entrant pour les Verts à Fribourg, ne le pense pas. «Le mouvement est encore très peu connu dans le canton. Pour le coup, je pense que l’impact de ce soutien a été plutôt faible», reconnaît le seul élu romand du groupe. Le mouvement mettait en valeur ses candidats sur les réseaux sociaux et dans des tous-ménages. Gerhard Andrey assure ne pas avoir reçu d’argent. Il va désormais porter les idées d’Operation Libero sous la Coupole. «J’ai adhéré au mouvement car il défend des causes que j’estime être importantes. Je ne vais pas l’oublier», assure le Vert fribourgeois.

Pour le politologue genevois Pascal Sciarini, le poids de l’organisation sur ces élections reste incertain. Il relève que leurs élus «reflètent le résultat global, à savoir une vague verte et vert’libérale». En effet, sur les dix élus, trois viennent des Verts, autant des Vert’libéraux et deux du PS. Les deux autres sont une PLR et un PDC. Pascal Sciarini met aussi en garde sur l’impact de ce lobbyisme à Berne. «Operation Libero n’était qu’un acteur parmi d’autres qui appelaient à soutenir des candidats, rappelle le politologue. Il ne faut pas surestimer ce soutien, puisqu’ils vont être fortement influencés dans leurs décisions par leur appartenance partisane.»

Manque de transparence

Si Operation Libero a réussi à élire dix conseillers nationaux, le résultat aurait pu être plus élevé sans les défections. Trois Verts ont décidé de quitter le mouvement en cours de campagne puis ont été élus. Delphine Klopfenstein Broggini (GE), Sophie Michaud Gigon (VD) et Aline Trede (BE) s’inquiétaient de la provenance des fonds récoltés. «J’ai appris en cours de campagne qu’un donateur privé avait mis 400'000 francs pour financer le mouvement. Cela m’a posé problème que 80% du budget ne vienne que d’une seule personne dont le nom ne pouvait être divulgué, explique la Genevoise Delphine Klopfenstein Broggini. Quand on se bat pour la transparence, il faut donner l’exemple, quitte à avoir moins de moyens.»

Operation Libero affirme qu’il s’agit d’un mécène suisse. «On connaît son identité, mais on ne peut la donner. Nous sommes les premiers à publier nos comptes de campagne et nos dons. En matière de transparence, c’est déjà en faire plus que d’autres partis», justifie Stéphane Decrey.

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