Les caisses automatiques divisent sans faire de bruit

CommerceAlors qu’à Genève des voix s’élèvent contre les caisses automatiques, le canton de Vaud s’en accommode.

Les automates des commerces de détail du canton n’enflamment pas les syndicats.

Les automates des commerces de détail du canton n’enflamment pas les syndicats. Image: Keystone

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Début 2013, les caisses automatiques faisaient leur entrée dans les commerces de détail du canton. Unia et la Fédération romande des consommateurs avaient alors mis en garde contre les dérives d’une telle pratique, licenciements du personnel en tête. Quatre ans après, le dispositif ne semble pas faire tant de dégâts.

«J’utilise tout le temps les caisses automatiques. Ça me permet d’aller à mon rythme et le personnel présent pour la surveillance est très aimable», raconte Hannelore. Elle ajoute: «J’ai 70 ans, mais je n’ai pas de difficulté à me servir de ces caisses.» Yannick, 29 ans, est aussi conquis par le dispositif: «On y fait moins la queue, et puis j’ai pris l’habitude de l’utiliser. Par contre, comme ces caisses permettent à la Coop et à la Migros de faire des économies, le personnel devrait alors être mieux rémunéré.» Quelques résistants comme Elisabeth, 82 ans, sont farouchement opposés à ces «automates sans âme»: «Je déteste ça, clame-t-elle. La dimension humaine disparaît complètement.»

Personnel supplémentaire?

Si l’heure n’est pas au soulèvement général chez les clients, la grogne ne semble pas non plus poindre du côté des syndicats. Unia Région Vaud n’a pas enregistré de plaintes du personnel des différentes enseignes sur la question des caisses automatiques. Le syndicat ne constate pas non plus de licenciements directement liés à l’introduction du dispositif. «Au contraire, il se pourrait que du personnel supplémentaire soit engagé pour la surveillance des caisses automatiques et l’assistance à la clientèle», précise-t-il. Migros Vaud affirme que «l’installation des caisses automatiques n’a pas d’influence sur les effectifs. Une partie du personnel est replacée dans les services traditionnels ou à la coupe, qui sont réintroduits dans plusieurs de nos magasins.»

Pour Arnaud Bouverat, secrétaire central d’Unia (secteur tertiaire) et député au Grand Conseil du canton de Vaud, la question à aborder est plus globale: «Comment assurer un soutien à la reconversion des caissiers et caissières ainsi que celle d’autres métiers amenés à s’automatiser: voilà le mécanisme à étudier.»

En revanche, pour Karla, 29 ans, et sa collègue, le travail aux caisses automatiques est «très ennuyeux. On fait plus la police qu’autre chose et certains clients nous ignorent». La transformation de cette activité professionnelle ne fait donc pas l’unanimité. Elles ajoutent: «Si les clients préfèrent les caisses rapides, c’est parce que le vol y est facile.» Migros Vaud répond ne pas avoir constaté de hausse des chapardages, en précisant que «dans les tâches liées à la fonction de caissière aux caisses automatiques, il y a notamment celle de veiller à ce que le client n’omette rien lors de son passage en caisse.» (TDG)

Créé: 11.08.2017, 20h30

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Le PS genevois veut taxer les automates

A Genève, le projet de loi de Roger Deneys (PS) passera devant la Commission de l’économie en septembre. Il vise à taxer chaque caisse automatique dans les commerces de détail, Coop et Migros en tête, à hauteur de 10'000 fr. par mois. Une fondation serait chargée de collecter la taxe qui serait allouée à la formation professionnelle pour une partie et reviendrait aux magasins qui n’utilisent pas de caisse automatique pour l’autre partie. Pour Roger Deneys, «ce n’est qu’une question de temps avant que des emplois soient supprimés.»

Jean Christophe Schwaab, conseiller national socialiste vaudois, revendique une approche positive de la robotisation: «La technologie remplace souvent des emplois peu gratifiants ou fastidieux.» Pour lui, le projet genevois est trop restrictif: «Le fait de taxer un seul objet qui fait le travail des employés est arbitraire. Pourquoi on ne taxerait pas Ikea lorsqu’on monte son meuble soi-même? Ou les iPhone qui ont une intelligence artificielle supérieure aux caisses?»

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