Les Bernois font retomber le soufflé pour le climat

EnvironnementUn scrutin cantonal faisait figure de test pour le pays. Par 50,6% des voix, les citoyens ont refusé de déclarer la guerre au mazout.

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Trois mille voix ont fait la différence. Les Bernois qui se sont rendus aux urnes dimanche – la participation a atteint 38% – ont refusé de justesse une loi ambitieuse pour lutter contre le réchauffement climatique. Les autorités cantonales entendaient économiser 50'000 tonnes de CO2 sur vingt ans et concrétiser ainsi à l’échelle de leur canton les engagements internationaux de la Suisse. Concrètement, toutes les nouvelles constructions auraient dû produire elles-mêmes une part de l’énergie qu’elles consomment. Les chauffages au gaz et au mazout existants auraient dû, dans la mesure du possible, être remplacés par des énergies renouvelables le moment venu.

Dans un contexte marqué par les grèves sur le climat, cette votation dans un canton de plus de 1 million d’habitants faisait office de baromètre pour les autres régions qui doivent encore adapter leur politique énergétique. Au final, 50,6% des votants bernois ont appuyé le référendum lancé par l’UDC et le PLR. Ils n’ont pas voulu déclarer la guerre au mazout et autres énergies fossiles.

Peur d’une hausse des loyers

Dimanche, les opposants savouraient ce qu’ils considèrent comme un vote de raison. «Cette loi contenait beaucoup trop de standards, de prescriptions et d’interdictions. Elle manquait de flexibilité, estime le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR/BE). La peur d’une hausse des prix, notamment des loyers, a fait la différence. Le canton compte 60% de locataires. Ils n’ont aucune influence sur les rénovations faites dans leur bâtiment. Ils auraient dû se contenter de payer la facture.»

Lui-même locataire en ville de Berne, l’élu PLR a comparé le loyer de son appartement, un trois-pièces de 90 m2, à celui d’un appartement entièrement rénové selon les dernières prescriptions énergétiques. «La différence de loyer était de 700 francs par mois. Pour les gens, ce n’est pas raisonnable.»

Dans le camp des partisans de la loi, l’échec est difficile à digérer. «Les opposants faisaient mine de se faire du souci pour les prix des loyers. Mais ce sont les mêmes qui ne veulent agir ni via des subventions ni en créant d’autres incitatifs», critique le président des Vert’libéraux, Jürg Grossen. Le Bernois mesurait dimanche le fossé qui sépare l’idée – tout le monde veut lutter contre le réchauffement climatique – et la prise de mesures concrètes: «Dire oui à la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération, c’était une première étape importante. Mais la concrétiser, en s’attaquant aux bâtiments, c’est une autre chose.»

«Concrètement, il faut bien se demander ce qui est supportable et acceptable par le peuple. C’est ça la vraie question»

Directeur d’une entreprise active dans le domaine de l’efficience énergétique à Frutigen, dans l’Oberland bernois, Jürg Grossen se montre d’autant plus déçu qu’un fossé ville-campagne a eu raison de la loi: «Nous n’avons pas réussi à convaincre les régions rurales. Or c’est là que se trouvent les principales sources d’énergie renouvelables: le soleil, l’eau, le vent.» Seuls les arrondissements de Berne et de Bienne ont dit oui à l’objet.

Cinq cantons ont agi

Pour Christian Wasserfallen, au contraire, les citoyens ont été tout à fait cohérents. «Bien sûr, nous sommes en faveur des accords de Paris. Bien sûr, nous voulons diminuer nos émissions de CO2 de 50%. Mais concrètement, il faut bien se demander ce qui est supportable et acceptable par le peuple. C’est ça la vraie question.»

Interpellée sur ce résultat cantonal, la conseillère fédérale en charge de l’Énergie, Simonetta Sommaruga, indique: «Il appartient au Canton de Berne de réfléchir comment il souhaite continuer. Mais il est évident que dans le domaine des bâtiments, c’est aux cantons de prendre leurs responsabilités.» Et la socialiste de souligner encore: «Vous avez vu que des cantons ont réussi à adopter des législations qui vont dans le sens de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération.»

Pour l’heure, Vaud, Lucerne, Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Obwald se sont en effet engagés à concrétiser les ambitions fédérales. Les autres y travaillent. «Tôt ou tard, le Canton de Berne devra lui aussi s’y faire», commente l’organisation faîtière de l’économie des énergies renouvelables dans une vive prise de position.

Créé: 11.02.2019, 07h16

Les organisateurs passeront à la caisse

Le canton de Berne aura une loi sur la police qui va lui permettre de lutter plus efficacement contre le crime organisé et la cybercriminalité. Mais aussi de faire payer l’organisateur d’une manifestation qui dégénère.

Avec un oui à 76,4%, l’issue du scrutin de dimanche constitue une victoire pour le gouvernement et le Grand Conseil. Le comité référendaire issu des milieux de gauche n’a pas su convaincre une majorité des citoyens en proclamant que ces nouvelles dispositions portaient atteinte à la sphère privée et à la liberté de réunion.

Le texte offre la possibilité aux Communes de facturer à l’organisateur d’une manifestation qui a dégénéré les frais d’intervention de la police cantonale. Ces coûts pourront aussi être mis à la charge des fauteurs de troubles.

L’organisateur pourra être appelé à payer ces frais uniquement s’il ne dispose pas de l’autorisation requise ou s’il a fait preuve de négligence grave. Un plafond de 10 000 francs et de 30 000 francs dans les cas particulièrement graves a été fixé. ATS

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