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SuisseBerne veut inscrire l'alpinisme à l'Unesco

La Suisse cherche à faire inscrire l'alpinisme et les processions historiques de la Semaine sainte de Mendrisio (TI) dans le Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco.

La Suisse s'est associée à d'autres nations pour porter le dossier de l'alpinisme.
La Suisse s'est associée à d'autres nations pour porter le dossier de l'alpinisme.
Keystone

Quarante et un savoir-faire ancestraux, événements festifs, pratiques ou rituels sont en lice pour intégrer la symbolique liste du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco. Parmi eux figurent le massage Nuad thaï, mais aussi l'alpinisme et les processions historiques de la Semaine sainte de Mendrisio (TI).

Le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel tient sa réunion annuelle se réunit de lundi à samedi à Bogota. Il examinera 41 demandes de nouvelles inscriptions - qui s'ajouteront aux 429 reconnues aujourd'hui - ainsi que six dossiers d'inscription sur la liste du patrimoine culturel nécessitant une sauvegarde urgente.

Lors de cette session, la Suisse porte deux candidatures. Il y a d'abord les processions pascales de la Semaine sainte de Mendrisio. Celles-ci comprennent la «Funzion di Giüdee», retraçant la montée de Jésus au Calvaire, qui a eu lieu pour la 221e fois, cette année dans les ruelles de la vieille ville tessinoise ainsi que la procession du Vendredi saint, dite «Entierro» (soit la mise en terre en espagnol), plus antique et plus solennelle.

La Suisse est aussi représentée dans un autre dossier: celui de l'alpinisme. Placé sous l'égide de la France, il a été réalisé conjointement par des communautés d'alpinistes et de guides de montagne italiens, français et suisses. Le but étant de promouvoir une activité qui tire son nom de la chaîne de montagnes que ces trois pays ont en commun.

Collaborations encouragées

Les traditions ancestrales ne connaissant pas forcément les frontières géopolitiques actuelles, plusieurs dossiers sont en effet portés en commun par différents pays, ce qui donne du poids à leur demande. «Cela n'est pas toujours possible et les pays peuvent présenter des éléments similaires séparément. Mais la bonne solution, c'est que les pays se mettent ensemble», a récemment souligné Tim Curtis secrétaire général de la convention du patrimoine culturel immatériel.

«Il y a très souvent des pratiques partagées par plusieurs pays (...) et autant que possible, on essaie d'encourager les pays à travailler ensemble, d'abord parce que c'est un signe de collaboration internationale et c'est encore mieux pour la sauvegarde du patrimoine concerné (...) On essaie d'utiliser ça pour faire des échanges entre les communautés à travers les frontières», a-t-il relevé.

Ce n'est pas la première fois que la Suisse s'allie à d'autres pays pour faire inscrire à l'Unesco une pratique partagée. Ainsi, la gestion suisse et autrichienne du danger d'avalanches a été reconnue comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité l'an dernier. Tout comme l'art de la construction des murs en pierres sèches. La demande, déposée sous l'égide de la Grèce, associait la Croatie, l'Espagne, la France, l'Italie, la Slovénie, Chypre et la Suisse.

Quatre savoirs déjà inscrits

D'autres projets multinationaux, déjà déposés, seront étudiés ultérieurement. L'Unesco devra ainsi décider en novembre 2020 si elle souhaite inscrire au patrimoine culturel immatériel les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d'art. La candidature est franco-suisse. L'organisation décidera aussi du sort des «techniques artisanales et pratiques coutumières des ateliers de cathédrales, en Europe». Ce dossier est placé sous l'égide de la France et réalisé avec l'Allemagne, l'Autriche, la Norvège et la Suisse.

En 2014, le Conseil fédéral avait approuvé une liste indicative de huit traditions suisses qu'il souhaitait voir inscrites au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Outre la gestion des avalanches et la construction des murs en pierres sèches, l'Unesco y a déjà inscrit la Fête des Vignerons de Vevey (VD) et le Carnaval de Bâle. Les autres thèmes sur le radar du gouvernement sont le design graphique et la typographie, la saison d'alpage et le yodel.

La liste du patrimoine culturel immatériel doit documenter et sauvegarder les traditions et expressions orales, les arts du spectacle, les rituels et événements festifs, l'artisanat traditionnel ainsi que les savoirs et les pratiques concernant la nature. Il ne faut pas la confondre avec la liste du patrimoine mondial de l'Unesco sur laquelle la Suisse a fait inscrire douze sites depuis 1983.

De tous les continents

Les demandes, qui seront examinées la semaine prochaine, émanent de tous les continents et bon nombre devraient être acceptées. Parmi les candidatures figurent entre autre la bachata dominicaine, musique dansante et «élément fort de cohésion sociale», qui a acquis une notoriété au delà de ses frontières depuis les années 80, le massage Nuad thaï, manipulation corporelle à visée thérapeutique, autrefois pratiquée dans les villages, «symbole d'amour et de bonté».

Mais aussi les «connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier», candidature présentée par treize pays et la Palestine (Bahreïn, Egypte, Irak, Jordanie, Koweït, Mauritanie, Maroc, Oman, Arabie saoudite, Soudan, Tunisie, Emirats arabes unis, Yémen).

Retrait à l'étude

Exceptionnellement, un dossier fera l'objet d'une étude inverse la semaine prochaine: celle du retrait possible de la Liste du carnaval d'Alost, en Flandre (Belgique), à la suite d'une polémique suscitée par des chars dénoncés comme antisémites. En mars, le bureau du Comité du patrimoine immatériel a unanimement décidé de mettre ce sujet à l'ordre du jour de la réunion de Bogota. Une première.

«L'Unesco se devait d'être vigilante et ferme quant aux dérives d'un festival classé au Patrimoine de l'humanité et qui en bafoue les valeurs élémentaires. Ce n'est, de plus, pas la première fois que ces chars racistes et antisémites défilaient dans ce festival», avait alors déclaré la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay.

ats

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