Berne veut gérer avec plus de cohérence les affaires religieuses

FédéralismeUn groupe de travail planche sur un projet de bureau des affaires religieuses. La tension liée à ces thèmes monte.

Une femme voilée et une autre portant la burqa sur la Piazza Grande à Locarno en juillet dernier.

Une femme voilée et une autre portant la burqa sur la Piazza Grande à Locarno en juillet dernier. Image: Keystone

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Comment gérer efficacement et équitablement les questions des poignées de main à l’école, du voile dans l’espace public, des burkinis dans les piscines? Un groupe de travail interdépartemental, dirigé par le Département fédéral de justice et police (DFJP), planche sur la création d’un bureau fédéral destiné aux affaires religieuses, révèle la NZZ. Placé sous la supervision de l’Office fédéral de la justice (OFJ), le bureau représenterait un point de contact et de coordination entre la Confédération, les cantons, les communes et les communautés religieuses, explique Raphael Frei, porte-parole de l’OFJ, qui confirme l’information de la NZZ.

Ce sont les cantons qui détiennent l’autorité sur les relations entre l’Etat et les communautés religieuses. Il ne s’agit pas de transférer l’autorité, mais ces questions impliquent souvent des entités et des lois fédérales, souligne Raphael Frei. L’interdiction du port de la burqa dans le canton du Tessin représente un bon exemple: après le vote, les autorités ont dû vérifier si la Constitution tessinoise ainsi modifiée était compatible avec le droit fédéral.

«Le but est de veiller à une attitude cohérente du gouvernement fédéral» Raphael Frei, porte-parole de l’Office fédéral de la justice

Le bureau assurerait également une meilleure coordination entre les différents organismes fédéraux concernés. Les questions posées au niveau national, à l’instar de l’initiative antiminarets, mobilisent en effet plusieurs domaines. «Ces questions touchent au droit des religions, à la sécurité, à l’intégration ou encore à la norme antiraciste, souligne Raphael Frei. Elles impliquent donc directement ou indirectement l’OFJ, la police fédérale, le Service de renseignement de la Confédération, le Secrétariat d’Etat aux migrations ou encore le Service de lutte contre le racisme.» Et Raphael Frei de conclure: «Le but est de veiller à une attitude cohérente du gouvernement fédéral.»

En 2010, l’ancien conseiller national Josef Zisyadis (POP/VD) avait déjà proposé la création d’une Commission fédérale des religions. Elle aurait dû remplir la même mission que le bureau fédéral en projet. Le texte a pourtant été rejeté, ses opposants estimant que les structures existantes, soutenues par les instituts universitaires, le Conseil suisse des religions ou encore la Commission fédérale contre le racisme «s’emploient déjà à promouvoir une meilleure entente entre les personnes de religions différentes.»

Grand thème à Berne

Aujourd’hui, la tension s’est accentuée et se ressent sous la Couple. Signes et symboles religieux dans l’espace public, port de la burqa et du voile ou encore intégration: les interventions parlementaires en lien avec la religion, en particulier avec l’islam, se sont multipliées au cours des dernières années. Le projet du bureau n’y est d’ailleurs pas totalement étranger. Selon Raphael Frei, le même groupe de travail interdépartemental examine également la manière dont les autorités cantonales, fédérales, les villes et les organisations concernées peuvent intensifier leur collaboration. «Il s’agit aussi de vérifier si l’actuel dispositif de protection des communautés religieuses suffit, précise le porte-parole. Le Conseil fédéral prendra en outre bientôt position sur deux motions parlementaires touchant à la sécurité des communautés et les minorités religieuses visées par le terrorisme.» Le bureau ne s’occuperait toutefois pas des questions liées à la sécurité.

Le Conseil suisse des religions considère quoi qu’il en soit que le bureau serait «d’une grande aide». «Il offrirait un soutien aux autorités cantonales, tandis que les cantons pourront être informés des développements au niveau suisse et des possibilités d’actions concrètes», estime son président, le pasteur Gottfried Locher. Le Conseil réunit des hauts représentants du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Ceux-ci discutent régulièrement d’événements d’origine religieuse qui revêtent une importance sociale, poursuit-il. Des avis divergents sont régulièrement émis. «Parfois, il y a consensus, parfois non. Le but est de préserver à tout prix la paix religieuse en Suisse. Un coup d’œil sur l’histoire de notre pays montre la fragilité de celle-ci.»

Créé: 07.02.2017, 08h00

Nicolas Blancho irrite les musulmans

Le controversé Conseil central islamique suisse (CCIS) de Nicolas Blancho fâche encore. Cette fois-ci, c’est la création d’un nouveau site Internet «swissmuslims.ch» qui fait sortir de ses gonds des membres de la communauté musulmane.

Depuis quelques jours, la plate-forme crée par le CCIS dresse la liste des lieux de culte disponibles en Suisse, de la mosquée au petit local de prière. Une liste de restaurants halal suivra bientôt. Un projet qui affirme la volonté du CCIS de devenir «le premier représentant des musulmans de Suisse.»

Le problème, c’est que des imams se sont vus cités sur le site alors qu’ils n’ont jamais été consultés. Ceux-ci n’apprécient guère d’être associés à l’organisation d’obédience salafiste, qui ne représente qu’une petite minorité des musulmans de Suisse. Ces imams accusent ainsi le CCIS d’utiliser leur mosquée à des fins de propagande.

Une accusation que le conseil réfute. Selon son porte-parole Qaasim Illi, cité par le Blick, le CCIS cherche simplement à offrir un service à sa communauté.

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