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AsileBerne répartirait mal les requérants francophones

Une étude de l'Université de Lausanne souligne qu'en prenant en compte la langue des réfugiés, ceux-ci pourraient nettement mieux s'intégrer.

La Confédération et les cantons dépensent beaucoup d'argent pour l'accueil des requérants d'asile. Ces sommes pourraient être utilisées à meilleur escient si les réfugiés étaient répartis selon leurs connaissances linguistiques et non plus sur le principe du hasard, comme le montre une étude récente de l'Université de Lausanne (UNIL), citée par le Tages-Anzeiger.

La Confédération ne prend pas en compte les capacités linguistiques des réfugiés. Or beaucoup d'entre eux parlent parfaitement le français, et ils se retrouvent cantonnés en Suisse orientale. Où ils doivent suivre des cours d'allemand pour pouvoir s'intégrer, car ils ne sont pas autorisés à changer de canton.

Selon l'étude lausannoise, publiée au mois de janvier, si ces requérants étaient placés dans la bonne région linguistique, ils auraient nettement plus de chance de trouver un emploi dans les deux ans. Jusqu'à 20% de plus, selon son auteur Daniel Auer, doctorant à l'Institut de hautes études en administration publique de l'UNIL.

Une idée dans l'air à Berne

Des politiciens veulent changer cette situation. Balthasar Glättli (Verts/ZH) travaille sur une motion qui demande une répartition plus tardive des réfugiés, basée entre autres sur la langue. Tout en faisant attention à ne pas mettre tout le poids de cette motion sur la Suisse romande.

La conseillère nationale Silvia Schenker (PS/BS) soutient cette idée, qui ne devrait pas avoir de conséquences pour les cantons romands. «L'intégration serait même facilitée puisqu'il y aurait plus de réfugiés qui ne sont pas bloqués par la langue.»

Heinz Brand (UDC/GR) milite également pour une meilleure prise en compte de la langue avant de répartir les requérants. «Ce serait utile pour ceux qui sont appelés à rester en Suisse. Leur intégration s'en trouverait accélérée.»

Le SEM défend sa pratique

Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) défend sa répartition des requérants, rappelant que la grande majorité ne parle aucune des langues nationales. Elle assure que les groupes de réfugiés sont répartis équitablement entre les cantons. Si le principe de la langue devait être retenu, les cantons romands et le Tessin recevraient nettement plus de requérants

En outre, ce sont ces mêmes cantons romands qui avaient exigé dans les années 90 cette répartition par hasard. Ils craignaient un afflux de réfugiés provenant d'Afrique de l'Ouest et du Maghreb. Les flux se sont nettement taris depuis cette époque et ces requérants n'obtiennent quasiment jamais de droit de séjour.

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