La bataille sur les armes rapproche les sexes

Votations fédérales du 19 mai 2019Le soutien à la directive s’effrite chez les femmes et augmente chez les hommes. Notre sondage note une avancée du oui.

Les Suisses devraient se prononcer le 19 mai sur le durcissement de la loi sur les armes.

Les Suisses devraient se prononcer le 19 mai sur le durcissement de la loi sur les armes. Image: PIERRE ALBOUY

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Si on devait voter aujourd’hui, la nouvelle directive de l’Union européenne sur les armes serait acceptée par 55% des votants, contre 44% qui diraient non. C’est ce qui ressort du deuxième sondage Tamedia sur les votations fédérales du 19 mai effectué auprès d’un échantillon représentatif de plus de 10'000 personnes. Le oui se renforce légèrement puisqu’il se montait à 53% lors du premier sondage.

La bataille politique a eu une conséquence inattendue. Elle a rapproché les sexes. Les femmes, qui plébiscitaient le nouveau texte à 62%, sont un peu moins convaincues. Leur adhésion recule à 59%, ce qui reste élevé. Quant aux hommes, qui se montraient plutôt hostiles aux nouvelles contraintes en début de campagne, basculent désormais dans le camp du oui avec 52% d’adhésion (voir notre graphique).

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Le fait que le oui féminin s’effrite est-il dû à la campagne des opposants qui ont publié des affiches avec de jeunes femmes un fusil à la main? Le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS), président de Pro Tell, ne peut l'affirmer en toute certitude. «Ce qui est sûr, c’est que nous avons perçu très tôt la nécessité de convaincre les femmes et de faire un effort particulier dans ce sens.»

Le problème pour les opposants, c’est que le gain réalisé auprès des femmes est complètement annihilé par une plus grande adhésion des hommes. Jean-Luc Addor y voit la conséquence de «la propagande d’État, orchestrée par EconomieSuisse et la conseillère fédérale Karin Keller Sutter. On fait croire aux gens qu’il s’agit d’une petite réforme sans conséquences. Alors qu’il s’agit d’un véritable cheval de Troie qui permettra à l’UE d’imposer à l’avenir l’interdiction de toutes les armes semi-automatiques».

Billevesée pour les partisans de la nouvelle directive. La conseillère nationale Lisa Mazzone (Les Verts/GE) regrette justement que la nouvelle loi sur les armes «ne soit malheureusement qu’une petite adaptation, un projet extrêmement minime». Concernant le fléchissement du vote des femmes, elle n’est pas inquiète. «C’est un recul trop faible pour marquer une tendance. Il y a de toute façon une sensibilité plus accrue chez les femmes concernant les risques que font courir les armes à feu.»

Les arguments qui portent

Alors que les premières enveloppes de vote commencent à arriver dans les boîtes aux lettres dans certains cantons, la campagne va redoubler d’intensité. Notre sondage montre quels arguments touchent particulièrement les votants. Chez les partisans d’une législation plus sévère, la menace de devoir quitter l’espace Schengen/Dublin pèse très lourd. Ils ne veulent prendre le risque de se couper de la base de données policières de l’UE, ni de la possibilité de renvoyer des requérants d’asile dans le premier pays d’accueil. Chez les opposants, c’est la crainte de devoir reprendre automatiquement le droit européen qui fait mouche.

Le sondage contient un autre élément intéressant: le fossé entre les jeunes et les seniors. Les premiers rejettent majoritairement le texte. Les trentenaires et les quadras aussi, mais de justesse. Cela change complètement quand on passe la barre des 50 ans. Là le oui est nettement majoritaire.

Chez les plus de 65 ans, on atteint presque les 70% d’adhésion. C’est bien plus que lors du premier sondage.

On retrouve un clivage similaire entre les villes et les campagnes. Les premières appuient toujours plus fortement la révision de la loi. Il en va de même dans les agglomérations, à un degré un peu moindre. En revanche, les campagnes sont plutôt hostiles au texte. Mais le non y perd du terrain.

Enfin, il n’y a pas de barrière de rösti. Les Suisses romands et alémaniques penchent ensemble pour le oui. En revanche, un petit mur de polenta se dresse. La Suisse italienne se montre plutôt hostile à la nouvelle directive.

Créé: 24.04.2019, 07h00

Réforme fiscale et AVS

Le oui conserve son avance

La votation sur la réforme fiscale et le financement de l’AVS est-elle déjà pliée? Toujours est-il que les partisans de la réforme continuent de jouir d’une avance confortable. Le oui l’emporte par 62% des voix. Un score identique à celui du premier sondage Tamedia.

L’argument qui fait particulièrement mouche auprès des partisans? C’est celui qui affirme que la double réforme a l’avantage d’être un bon compromis helvétique pour résoudre deux problèmes pressants. À l’inverse, cette double réforme est justement un chiffon rouge pour les opposants. Ils sont particulièrement sensibles à l’argument qui voit dans ce texte un mariage antidémocratique de la carpe et du lapin.

À signaler que les deux partis verts, opposés à la réforme, n’arrivent pas à convaincre leurs propres sympathisants à voter en majorité non le 19 mai.

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