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NucléaireAxpo fait traîner les travaux à Beznau

Suite à la catastrophe de Fukushima, la centrale nucléaire de Beznau devait être modernisée. 8 ans plus tard, le groupe énergétique Axpo demande un délai pour 2021.

La modernisation de Beznau réclamée en 2011 n'est toujours pas achevée.
La modernisation de Beznau réclamée en 2011 n'est toujours pas achevée.
Keystone

Après la catastrophe de Fukushima au Japon en mars 2011, l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) avait émis toute une série de recommandations pour la centrale de Beznau, une des plus vieille au monde puisqu'elle date de 1969.

Mais comme le révèle le Tages-Anzeiger, Axpo, l'exploitant de la centrale, n'a toujours pas terminé les travaux de modernisation. Les inspecteurs exigeaient notamment une meilleure protection du système de refroidissement du bassin contre les tremblements de terre et les inondations.

Une succession de reports

Ils demandaient également une amélioration du bâtiment de stockage des éléments combustibles contre les risques sismiques. Des travaux estimés à plus de 30 millions de francs à la charge d'Axpo. L'IFSN avait dû hausser le ton face à l'exploitant, lui donnant une date butoir et ultime de 2017 après plusieurs reports.

Le groupe argovien avait en effet proposé en 2011 un nouveau système de refroidissement du bassin qui devait entrer en fonction en 2014 mais il n'a procédé à l'appel d'offres qu'en 2013. Pour ensuite tout abandonner après que «diverses approches de mise en œuvre ont été examinées». Un nouvel appel est lancé ensuite qui aboutit en novembre 2015 à l'attribution du contrat à une entreprise allemande.

Il manque encore le cinquième élément

Sur les cinq modules de modernisation exigés par l'IFSN, quatre ont désormais été réalisés. Ne manque plus que le système supplémentaire d'eau de refroidissement des éléments combustibles. Problème: son installation a été retardée parce que le fournisseur a fait faillite. Axpo refuse de dire de qui il s'agit au nom de la protection des données mais assure que le niveau de sécurité est déjà élevé.

L'IFSN «regrette» ce nouveau retard mais confirme comme Axpo qu'il ne met pas en danger le «degré élevé de protection». Contrairement au refroidissement des éléments combustibles dans le réacteur, celui de la piscine de stockage est «moins critique» car l'énergie thermique à dissiper est nettement inférieure.

Le cinquième élément devrait être opérationnel en 2021. Axpo parle d'un «calendrier convenu» avec l'IFSN, qui dément puisque le groupe argovien n'a fait que présenter la proposition et l'inspection fédérale n'a pas encore pris position.

Sûre jusqu'en 2030

Le dossier de Beznau suscite des inquiétudes au-delà des frontières. En Allemagne, l'Öko-Institut décrit l'élément manquant comme un «risque pour la sécurité technique», comme il l'explique dans un rapport commandité par le Land de Baden-Württemberg.

Florian Kasser, expert nucléaire chez Greenpeace, estime que l'IFSN aurait dû se montrer plus stricte avec ses délais. «Les autorités l'ont été tout de suite après Fukushima mais ensuite, elles ont toléré des retards à plusieurs reprises.»

Il déplore qu'un exploitant puisse repousser avec succès la mise en conformité pour finalement ne pas l'appliquer ou que partiellement. Axpo assure que Beznau répond à toutes les exigences de sécurité pour une durée de 60 ans, c'est-à-dire jusqu'en 2030 environ.

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