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Avis partagés sur le projet de réforme de l'AVS

Les propositions du Conseil fédéral, qui mise sur une hausse de l'âge de la retraite pour les femmes, sont loin de faire l'unanimité parmi les principaux milieux politiques et économiques.

Le projet de réforme de l'AVS présenté par Alain Berset divise.
Le projet de réforme de l'AVS présenté par Alain Berset divise.
Keystone

Le Conseil fédéral ne parvient toujours pas à réunir les faveurs derrière sa réforme de l'AVS. Les compensations accordées aux femmes pour faire passer la hausse de l'âge de la retraite ne sont pas suffisantes pour la gauche et les syndicats; elles sont excessives pour les milieux patronaux et la droite.

Proposition «inacceptable»

Le PS rejette cette nouvelle tentative de compromis sous sa forme actuelle. Il rappelle que les femmes gagnent toujours moins que les hommes et que leurs rentes sont nettement plus basses.

Les mesures compensatoires - de 700 millions de francs - prévues sont loin d'être suffisantes. Le parti estime donc «inacceptable» le fait que les femmes soient les seules à payer les coûts de la réforme de l'AVS.

Même son de cloche du côté de l'Union syndicale suisse (USS), qui déplore qu'au lieu de s'attaquer à la vraie problématique des rentes insuffisantes, «le Conseil fédéral continue de miser sur un relèvement de l'âge de la retraite des femmes». Les compensations prévues ne répondent pas aux vrais problèmes des femmes.

Travail.Suisse va encore plus loin, affirmant qu'en l'état le projet n'a aucune chance d'obtenir une majorité. Il existe selon la faîtière syndicale une disproportion entre les seuls 700 millions de compensations et les inégalités persistantes en matière de rentes et de salaires.

Et Travail.Suisse d'affirmer qu'«il est urgent de prendre des mesures sérieuses en matière d'égalité et de politique familiale». Quant au financement de l'AVS, outre un relèvement d'un point de la TVA, la faîtière propose une contribution de solidarité de la part des retraités les plus aisés.

Employeurs peu enthousiastes

La réforme présentée ne suscite pas davantage l'enthousiasme dans les milieux patronaux. L'Union patronale suisse est en désaccord avec l'orientation, basée sur les recettes, prise par le gouvernement. L'augmentation proposée de 0,7 point de TVA risque notamment de peser lourd sur les citoyens et l'économie.

Si la faîtière des associations patronales salue le projet de relever l'âge de la retraite des femmes, elle estime que les effets positifs de la mesure seront réduits de plus de moitié par le montant des compensations. La solution serait équilibrée avec une hausse de 0,3 point de TVA et des compensations maximales de 400 millions de francs.

L'Usam préconise également une hausse maximale de 0,3 point de TVA. La faîtière des PME s'oppose en revanche à toutes les mesures de compensation, les économies obtenues devant servir uniquement à l'assainissement de l'AVS.

L'UDC s'oppose également à toute mesure de compensation et à une hausse de la TVA. Selon elle, l'AVS doit être assainie en prélevant au moins un milliard de francs dans l'aide au développement et à l'étranger, ainsi qu'en lui virant le milliard de francs prévu pour le fonds de cohésion avec l'UE.

Harmonisation saluée

Le PDC reçoit plus favorablement le projet présenté par Alain Berset. Tout au plus les démocrates-chrétiens déplorent-ils que le projet du Conseil fédéral «maintienne la pénalisation du mariage discriminatoire dans l'AVS». Le parti exige que cette pénalisation soit au moins réduite dans le cadre des mesures compensatoires.

Comme le PDC, le PLR défend le point central de la réforme, soit l'harmonisation de l'âge de la retraite à 65 ans. S'il les soutient sur le principe, le parti demande toutefois des mesures de compensation «équilibrées».

Les libéraux-radicaux prônent la variante à 400 millions de francs, ainsi qu'une révision «largement» à la baisse de la hausse de la TVA. Ils estiment également important de mettre en place des incitations pour permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus longtemps.

Les Vert'libéraux jugent «équitables» les principaux éléments de la réforme. Ils exigent toutefois que celle du deuxième pilier soit abordée parallèlement à celle de l'AVS et non pas indépendamment.

(ats)

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