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SuisseLes mots d'ordre du PDC pour les votations

Réuni en assemblée, le Parti démocrate-chrétien a donné ses recommandations de vote pour le 17 mai prochain.

Gerhard Pfister, président du PDC.
Gerhard Pfister, président du PDC.
Keystone

Les délégués du PDC, réunis samedi à Frauenfeld (TG), ont adopté les mots d'ordre pour les votations fédérales du 17 mai. Leur président, Gerhard Pfister, a profité de l'occasion pour annoncer des réformes internes et se présenter à sa succession.

«Le PDC a toujours soutenu la voie bilatérale et s'est toujours engagé pour de bonnes relations avec nos voisins», a lancé Gerhard Pfister devant les délégués. Le principe d'un accord-cadre avec l'Union européenne (UE) doit être soutenu.

Quiconque pense qu'il fait sens de poser des ultimatums dans une démocratie directe n'a pas compris le fonctionnement de la Suisse, a poursuivi le Zougois. Il faut rejeter clairement l'initiative dite de limitation de l'UDC, «sinon ce sera la fin de la voie bilatérale».

Les initiants racontent des demi-vérités, a abondé la conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter (BL). «Il n'est pas question de requérants d'asile et de réfugiés.» En cas d'acceptation du texte, la Suisse serait isolée.

Pas de limitation

L'initiative exige que la Suisse règle de manière autonome l'immigration des étrangers. Elle interdit tout nouveau traité ou obligation de droit international qui accorderait la libre circulation à des ressortissants étrangers.

Si elle était acceptée, les autorités auraient un an pour négocier l'accord sur la libre circulation avec l'UE. Or, le délai est irréaliste aux yeux du gouvernement. Faute de solution, le Conseil fédéral devrait dénoncer la libre circulation dans le mois qui suit.

Le texte de l'UDC et l'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) n'a eu aucune chance devant les délégués démocrates-chrétiens. Par 159 voix contre 10, ils ont recommandé de le rejeter. Ils ont en revanche soutenu les deux autres objets au programme des votations du 17 mai.

Déductions de frais de garde

Par 141 voix contre 17, ils ont approuvé l'augmentation des déductions fiscales pour les enfants. La réforme vise à permettre aux familles de bénéficier de déductions plus élevées pour les frais de garde des enfants par des tiers (25'000 francs contre 10'100 francs actuellement).

Le PS, soutenu par les Verts et les Vert'libéraux, s'oppose à cette réforme qu'il qualifie de «bonification fiscale pour les parents riches». Près de la moitié des familles n'en profitent pas. Le PS a lancé un référendum.

Les délégués démocrates-chrétiens ont aussi donné leur aval, par 144 voix contre 21, à la révision de la loi sur la chasse. Le projet vise à réguler certaines espèces et à prévenir les dégâts ou un danger concret pour l'homme. Les tirs individuels ciblés seront autorisés. La loi prévoit également un transfert de compétences de la Confédération aux cantons en matière de protection des espèces.

Les organisations de protection de la nature ont lancé avec succès le référendum contre cette loi. Selon elles, la réforme est complètement ratée et elle anéantit la protection des espèces menacées au lieu de la renforcer.

Nouveau nom?

Gerhard Pfister a profité de l'assemblée des délégués pour revenir sur les précédentes élections. «Les élections de 2019 l'ont une nouvelle fois montré: aucun parti n'est assuré de conserver ses sièges», a lancé le Zougois en référence aux deux pertes du PDC. Des réformes sont nécessaires, si le parti veut s'étoffer en tant que parti. «Nous devons inverser la tendance», a martelé Gerhard Pfister. Le PDC ne doit pas rester du côté des perdants.

Le PDC n'a pas gagné les élections, il a seulement moins perdu que les autres partis gouvernementaux (PS, PLR et UDC), a-t-il poursuivi. «En 2019, nous sommes restés stables. En 2023, nous devons nous épanouir.» Gerhard Pfister souhaite mener le PDC lors des élections de 2023. Il se présentera en juin à sa succession.

Vendredi, la direction du parti a par ailleurs lancé un sondage auprès de la base sur le nom du PDC, a indiqué Gerhard Pfister. La question centrale tourne autour de la mention «chrétien». La confession a perdu de son importance dans la société actuelle. «Nous devons proposer une offre politique simple et claire, qui parle à la génération future.» Le sondage vise également à déterminer le potentiel de la politique du centre.

(ats)

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