«On arrivera à l'égalité des chances en refusant l'initiative»

Bourses d'étudesJohann Schneider-Ammann appelle à voter non à l'initiative populaire des étudiants sur les bourses d'études, le 14 juin prochain. Au nom du fédéralisme et des finances fédérales.

Image: Keystone

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Il faut refuser l'initiative populaire de l'Union des étudiants de Suisse (UNES), estime le Conseil fédéral. Ce texte, soumis au vote le 14 juin prochain, exige que la Confédération harmonise les subventions dans les 26 cantons. Et qu'elle garantisse «un niveau de vie minimum» aux étudiants pendant toute la durée d'une formation supérieure.

Une mauvaise solution, selon Johann Schneider-Ammann: le conseiller fédéral en charge de l'Economie lançait ce lundi matin à Berne la campagne du gouvernement contre l'initiative. Questions.

– Pourquoi ne voulez-vous pas de cette initiative? – Parce que les cantons ont trouvé un accord pour harmoniser les bourses d'études. Seize d'entre eux ont déjà adhéré au concordat intercantonal de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'Instruction publique. Une centralisation fédérale empêcherait de tenir compte des coûts et des situations spécifiques dans chaque canton. Une telle centralisation, excessive, coûterait entre 450 et 500 millions de francs par année à la Confédération: ce n'est tout simplement pas faisable. Il faudrait nous expliquer où prendre cet argent. Les allocations de formation doivent rester du ressort des cantons et la Confédération doit continuer à jouer un rôle subsidiaire.

– Faites-vous passer le fédéralisme avant l'égalité des chances pour les étudiants? – Pas du tout. Mais les deux choses sont importantes. L'égalité des chances est un but que tout le monde vise, les étudiants aussi bien que les cantons, le parlement et le Conseil fédéral. La solution que nous privilégions est celle du concordat, élaborée par les Chambres fédérales. L'égalité des chances sera atteinte par cette voie. Le fédéralisme reste également crucial pour notre pays, parce que les solutions les plus adaptées sont des solutions de proximité.

– La Suisse est un pays d'innovation. Est-ce que les jeunes en formation ne sont pas un investissement pour l'avenir? – Oui et nous voulons rester au top des pays innovateurs. Il faut rappeler que notre système de contribution, en termes de bourses et de prêts, est déjà plus généreux que dans les pays voisins. Le système est bon, il fut simplement l'adapter et l'améliorer.

– Dix cantons n'ont pas adhéré au concordat intercantonal. N'y a-t-il pas une injustice vis-à-vis des étudiants de ces cantons-là? – Je ne dirais pas cela. Le système prévoit que la Confédération n'accordera des subventions que si les cantons participent au concordat: ils pourront prétendre à des subventions uniquement s'ils s'alignent sur des bourses minimales. C'est un système d'incitation très démocratique. Actuellement, 16 cantons y ont déjà adhéré, ce qui représente 70% de la population. On attend l'arrivée de Zurich dans le concordat en 2018. Je crois que ce n'est qu'une question de temps pour les 6 cantons qui restent (ndlr: dont le Valais). Je ne nie pas que cela reste un désavantage pour certains étudiants de ces cantons-là, à court terme. Il nous reste du temps pour trouver une solution d'ici à 2018. Mais ce concordat n'entrera en vigueur que si l'initiative populaire est rejetée le 14 juin prochain.

Créé: 13.04.2015, 13h24

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