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L’appétit des Chinois pour les firmes suisses

Des parlementaires se sont émus de l'intérêt porté en Asie pour certains fleurons helvétiques.

Ren Jianxin est aux commandes de ChemChina, le groupe qui a racheté Syngenta pour 43 milliards de dollars.
Ren Jianxin est aux commandes de ChemChina, le groupe qui a racheté Syngenta pour 43 milliards de dollars.
Keystone

«C’est la nationalisation de pans entiers de l’économie suisse»Hans-Ueli Vogt, conseiller national (ZH/UDC)

Le conseiller national Hans-Ueli Vogt (ZH/UDC) s’est inquiété récemment des acquisitions d’entreprises helvétiques par des firmes chinoises en mains étatiques ou financées par l’Empire du Milieu. Et de citer le rachat de Gategroup, Swissport, SR Technics et bien entendu celui de Syngenta par ChemChina pour 43 milliards de dollars. De telles reprises représentent une «nationalisation de pans entiers de l’économie suisse». En 2016, le montant annoncé de cette absorption était équivalent à la quasi-totalité des investissements chinois en Suisse (46 milliards) et à la moitié des 86 milliards de dollars dépensés cette même année pour effectuer des emplettes en Europe. Voilà pour le constat.

Cet appétit ne date pas d’hier: en Suisse, les investisseurs chinois avaient fait parler d’eux à la fin de 2012, lorsque la filiale suisse du groupe Baoshida Holding avait notamment racheté les usines de Swissmetal à Reconvilier (BE). Ces opérations ne se déroulent pas toujours de manière «propre en ordre», comme le montre l’émission du magazine Temps présent de ce soir, qui a braqué ses projecteurs sur les coulisses de ces rachats. La vente d’Addax Petroleum au géant chinois Sinopec s’est aussi soldée – à ce jour – par un scandale, révélé dans nos colonnes.

Dans son combat, Hans-Ueli Vogt est soutenu par la conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter (PLR/SG), qui se profile dans ce débat. Mais même si Syngenta est leader mondial des pesticides et des semences agricoles, peut-on pour autant parler de «pans entiers» de l’économie helvétique? Oui, si on ajoute les fortes participations de Singapour, du Qatar ou d’un groupe saoudien au sein du capital d’UBS et de Credit Suisse. Mais il s’agit alors d’autres Etats. Fallait-il aussi accepter que la compagnie aérienne allemande Lufthansa gobe Swissair? Quel secteur est stratégique et quelle branche l’est moins? Le débat monte en puissance. Mais il est complexe.

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