Antonio Hodgers propose une formation pour les sans-papiers

MigrationsLe Vert genevois souhaite accorder un permis de travail provisoire et une formation en cours d'emploi aux clandestins étrangers, de manière à encourager leur retour au pays.

Antonio Hodgers (Verts/GE) propose d'offrir une formation et un permis de travail provisoire à des migrants peu qualifiés.

Antonio Hodgers (Verts/GE) propose d'offrir une formation et un permis de travail provisoire à des migrants peu qualifiés. Image: Jean-Bernard Sieber

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Selon les estimations il y a plus de 200'000 travailleurs clandestins ou sans-papiers en Suisse. Partant de cette réalité, le Vert genevois Antonio Hodgers émet une proposition originale: offrir à cette population un permis de travail provisoire et la possibilité d'une formation. Cette idée est encore en discussion au sein de son parti, en attendant de devenir une motion ou une initiative parlementaire. Questions.

la Tribune de Genève:- Antonio Hodgers, voulez-vous régulariser tous les clandestins?

Ce n'est pas ce que je propose. Je pars du constat que des dizaines de milliers de sans-papiers sont utiles à l'économie suisse. On en trouve dans les emplois domestiques, sur les chantiers ou dans l'agriculture. Quant aux réfugiés économiques, ils encombrent la filière de l'asile. Ces personnes, souvent des jeunes venant de pays extérieurs à l'Union européenne, ne viennent pas forcément ici pour s'installer ou commettre des méfaits. Ils viennent dans l'idée de faire un peu d'argent pour avoir une vie meilleure dans leur pays. Je propose donc un système de migration circulaire, basé sur le travail.

la Tribune de Genève:- A savoir?

Ces personnes remplissent chez nous un besoin de main-d’œuvre. La proposition est donc de leur accorder un permis de travail provisoire d'un à deux ans. Ces travailleurs auraient accès une formation d'une demi-journée par semaine dans un métier utile dans leur pays d'origine. Je pense notamment à des cours de langue, de la comptabilité, l'agriculture ou la cordonnerie. Ensuite ils devraient retourner dans leur pays d'origine.

la Tribune de Genève:- Comment pourriez-vous garantir un retour de ces personnes dans leur pays d'origine?

Ma proposition est assortie de conditions restrictives. Les personnes concernées devront avoir moins de 30 ans et il faudra que le pays d'origine accepte de signer un partenariat avec la Suisse. Je songe à des pays africains, des Balkans ou d'Amérique latine. Ces personnes cotiseront aux assurances sociales: l'argent mis de côté ne leur sera reversé qu'en cas de retour dans leur pays d'origine, pour autant qu'elles y restent au moins trois ans. Une somme de 10'000 à 20'000 francs n'est pas négligeable dans certains pays et cela constituera une incitation.

la Tribune de Genève:- Une majorité des Suisses se dit favorable à un durcissement du droit d'asile. Et le Conseil fédéral s'apprête à mener campagne face à l'initiative de l'UDC «contre l'immigration massive». Dans ce contexte ne craignez-vous pas d'essuyer une vague de critiques?

Je m'attends à beaucoup de critiques, bien sûr. Mais ma proposition se veut constructive face à une situation absurde: plus de 200'000 personnes travaillent en Suisse alors qu'elles n'ont pas le droit de le faire, et des milliers de personnes encombrent la filière asile. On peut faire comme la droite, et en particulier l'UDC: nier cette réalité et passer son temps à faire de la dénonciation électoraliste. On peut aussi durcir la loi sur l'asile tous les trois ans sans aucun effet. Je préfère quant à moi lancer une idée qui a toutes les chances de se révéler efficace. (nxp)

Créé: 10.12.2012, 19h30

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.