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L'angoisse commence pour l'archifavorite Karin Keller-Sutter

La Saint-Galloise a tout pour devenir conseillère fédérale... sauf la certitude absolue de réussir là où elle a échoué il y a huit ans

Elle ne désire qu’une chose: ne pas revivre «ça». Karin Keller-Sutter (PLR/SG) est visiblement restée traumatisée par son échec face à Johann Schneider-Ammann lors de l’élection au Conseil fédéral en 2010. Alors même aujourd’hui, même en étant archifavorite, la présidente du Conseil des États reste prudente sur sa candidature: «Je mènerai des discussions avec ma famille et mon entourage ces prochaines semaines. Je communiquerai la décision en temps voulu», fait-elle savoir.

Depuis 2010 pourtant, la Saint-Galloise a presque tout fait juste. À l’époque, elle n’était pas du sérail fédéral, mais une conseillère d’État profilée sur les questions sécuritaires. Depuis, elle s’est positionnée sur des dossiers de politique extérieure. À 55 ans, elle a aussi acquis la confiance des ténors de gauche, qui lui avaient préféré Johann Schneider-Ammann en 2010. Son influence est incontestable. Elle est à l’origine, avec Christian Levrat notamment, du deal entre l’AVS et la réforme fiscale des entreprises.

Son poids de favorite est d’ailleurs écrasant au point que, mardi, aucune excitation particulière ne régnait au Palais fédéral à la perspective d’une place bientôt vacante au gouvernement. «Il paraît évident que ce sera elle», avance Jacques-André Maire (PS/NE). Bien qu’elle veuille ouvrir les marchés et déréguler l’obligation de saisie du temps de travail? «Bien sûr, cette position m’inquiète. Mais elle a la carrure d’une femme d’État. Et je pense qu’elle est capable de compromis», répond le syndicaliste.

La vice-présidente de l’UDC, Céline Amaudruz, attend de voir le ticket du PLR. Mais elle note: «Ce serait une candidate brillante. Si l’on pense aux intérêts du pays, ce serait une bonne chose.» Les critiques à l’égard de Karin Keller-Sutter sont donc rares à gauche comme à droite. Si ce n’est quelques inquiétudes dans le contexte gouvernemental actuel: «C’est une femme qui a les compétences et la stature d’une femme d’État, réagit la sénatrice Anne Seydoux (PDC/JU). Mais si elle est élue, j’espère qu’elle saura développer un intérêt plus grand pour les aspects sociaux, environnementaux et en matière de droits humains.» Vice-présidente des Verts, Lisa Mazzone le souligne aussi: «C’est le moment d’une femme. Mais ce serait aussi le moment de réintroduire une conscience humaniste au sein du gouvernement.»

Cela dit, le plus grand obstacle à l’accession de Karin Keller-Sutter au Conseil fédéral reste elle-même. Si elle fait acte de candidature – ce que la Suisse orientale attend désespérément – elle ne pourra pas, comme elle semble le vouloir, s’épargner le risque d’une confrontation et donc la probabilité d’un échec. Les autres partis attendent d’avoir un choix, soit au moins un duo de candidatures. Reste à savoir si ce ticket sera 100% féminin, ce qui avantagerait Karin Keller-Sutter. Les Verts le demandent. Tout comme les Femmes PLR. «Après 30 ans sans femme libérale-radicale au Conseil fédéral, c’est le moment!, affirme Doris Fiala, la présidente de la section. Je crains trop, autrement, que cela ne marche pas.»

Mais les Femmes PLR n’ont pas leur destin en main: il appartiendra aux 46 membres du groupe parlementaire du parti – soit 38 hommes et huit femmes – de désigner leur ticket à la fin octobre. L’élection aura probablement lieu le 5 décembre.

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