L'ancien conseiller fédéral Rudolf Friedrich est décédé

Carnet noirL'ancien conseiller fédéral Rudolf Friedrich est décédé mardi dernier à Winterthour (ZH) à l'âge de 90 ans, a-t-on appris lundi par le «Landbote». Le politicien zurichois PLR n'a siégé que deux ans au gouvernement.

Rudolf Friedrich en 1979.

Rudolf Friedrich en 1979. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Par égard à la famille, l'annonce du décès n'aurait dû être faite que jeudi prochain, a expliqué Colette Gradwohl, directrice du «Landbote» édité à Winterthour. En raison d'une panne, l'annonce est parvenue prématurément à la télévision alémanique SF.

Père de la «Lex Friedrich»

Les obsèques ont lieu ce mardi. Le PLR a pris connaissance avec une grande tristesse de la nouvelle, a déclaré son secrétaire général Stefan Brupbacher.

Rudolf Friedrich, père de la «Lex Friedrich», n'a eu que 22 mois pour marquer de son empreinte son passage au Conseil fédéral. Mais après son départ de Berne, et malgré ses ennuis cardiaques, il a continué à militer en faveur de plusieurs causes, comme l'Europe et l'ONU.

Fils de pédiatre, l'ancien ministre radical de la justice est né le 4 juillet 1923 à Winterthour (ZH). Après avoir décroché un doctorat en droit à l'Université de Zurich, il adhère au PRD en 1948 et gravit les échelons politiques, du parlement de Winterthour (1962-1975) au Conseil national (1975-1983).

Lorsque le radical zurichois Fritz Honegger annonce son retrait du Conseil fédéral, Rudolf Friedrich apparaît rapidement comme l'un des favoris. Il doit néanmoins d'abord s'imposer face à six autres candidats devant le groupe parlementaire radical avant d'être élu,au premier tour, par l'Assemblée fédérale le 8 décembre 1982.

Asile et droit matrimonial

Juriste, le nouveau conseiller fédéral reprend logiquement le Département fédéral de justice et police (DFJP). Son nom reste associé à la «Lex Friedrich», la loi limitant l'acquisition d'immeubles par des étrangers.

Il a aussi mis en chantier deux révisions de la loi sur l'asile pour faire face à l'afflux de réfugiés, avant tout tamouls, du début des années 80.

C'est sous l'ère Friedrich également qu'est mis sous toit le nouveau droit matrimonial concrétisant le principe d'égalité entre les conjoints et autorisant la femme mariée à garder son nom de jeune fille. Le radical, lui-même célibataire, s'engage même après son retrait du Conseil fédéral pour que ce projet passe la rampe en votation populaire.

Le passage au gouvernement de cette forte personnalité n'a pas été exempt de critiques. Sa politique d'information fut notamment vivement critiquée lors de la fermeture en 1983 du bureau bernois de l'agence de presse soviétique Novosti, accusé d'ingérence dans la politique intérieure suisse.

En août 1984, le conseiller fédéral fait, malgré lui, les gros titres des journaux, à la suite de l'attentat à l'explosif perpétré contre sa villa de Winterthour. Attribué aux milieux alternatifs,cet acte n'a jamais été totalement élucidé.

Démission après 22 mois

Le même mois, Rudolf Friedrich annonce à la surprise générale son départ du gouvernement, pour raisons de santé. «La charge de conseiller fédéral requiert une pleine capacité de travail, et je ne l'ai plus actuellement», explique-t-il alors. Il quitte le Conseil fédéral quelques semaines plus tard, moins de deux ans après son entrée.

Son retrait de la scène politique n'empêche toutefois pas le Zurichois de continuer de s'engager dans la vie publique. Partisan de longue date de l'entrée de la Suisse à l'ONU, il est présent à Berne en mars 2000 lors du dépôt de l'initiative populaire réclamant l'adhésion à cette organisation. L'Europe constitue un autre de ses chevaux de bataille.

Il prend par ailleurs la tête de plusieurs organisations caritatives. Il est président de la fondation Pro Juventute (jusqu'en 1996) lorsque celle-ci est confrontée à la polémique autour des «Enfants de la Grand'Route». Menée entre 1926 et 1973,cette opération de sédentarisation des nomades avait abouti à la séparation de centaines d'enfants de leur famille.

Il qualifie l'entrée de Christoph Blocher - qu'il n'hésite pas à attaquer directement - de «malheur» et sa non-réélection de légitime. Sous son égide, des politiciens lancent une campagne d'annonces dans la presse lorsque la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf se retrouve dans la ligne de mire de l'UDC.

L'ancien conseiller fédéral se mêle aussi d'autres sujets avec des mots clairs, par lettres de lecteur ou autres contributions rédactionnelles. En 2008, il critique l'ensemble de la direction d'UBS pour la débâcle sur le marché immobilier américain. (ats/nxp)

Créé: 21.10.2013, 20h49

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

L'accord sur le Brexit divise le gouvernement britannique
Plus...