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Comment Berset travaille pour le camp socialiste

Malgré l’abandon du contre-projet du ministre à l'initiative populaire «pour une caisse publique», le camp rose vert aborde la campagne en position de force. Ses adversaires ont dû se découvrir pour contrer un leurre

Alain Berset a poussé aussi loin qu'il le pouvait un contre-projet condamné d'avance. Et le camp rose vert peut désormais aborder la campagne en position de force.
Alain Berset a poussé aussi loin qu'il le pouvait un contre-projet condamné d'avance. Et le camp rose vert peut désormais aborder la campagne en position de force.
LAURENT CROTTET

Alain Berset vient tout à l’heure présenter le message du Conseil fédéral concernant la caisse publique d’assurance-maladie. Sans surprise, il dira que le Conseil fédéral recommande son rejet. Mais nouveauté, le ministre de la Santé abandonne l’idée de lui opposer un contre-projet comme il voulait le faire dans un premier temps.

L’initiative du PS, soutenue par une large coalition qui inclut les Verts ou la Fédération romande des consommateurs (FRC), sera ainsi soumise seul au vote. Sans doute en 2014 (lire ci-contre). L’abandon du contre-projet était une évidence suite au rejet massif qu’a suscité le projet d’Alain Berset lors de la consultation législative.

La gauche lui préfère son initiative et le camp bourgeois l’accusait d’être une caisse publique light, puisque ce contre-projet proposait entre autres de mutualiser les cas à risques dans un fond commun.

Le leurre d'Alain Berset

Alors défaite d’Alain Berset? A-t-il cédé à la pression de la droite et des lobbys des assurances? En partie, mais le ministre de la Santé peut néanmoins se targuer d’une belle victoire d’étape. Car le message du Conseil fédéral qui motivait le contre-projet écrit noir sur blanc que le système d’assurance-maladie doit être réformé et que la séparation de l’assurance de base et des complémentaires devrait être étudiée afin de clarifier la situation. Ce n'était qu'une hypothèse, mais elle était envisagée.

Et c’est une première. Le Conseil fédéral, à majorité de centre droit, reconnaît les dysfonctionnements d‘un système qui se traduit, automne après automne, en une exaspérante augmentation de primes maladies pour les citoyens. En excellent tacticien de la politique fédérale, Alain Berset a poussé le plus loin possible un projet qu’il savait condamné d’avance.

Le système actuel critiqué

Car cette consultation a offert au camp socialiste de la munition pour la campagne de votation à venir. Les arguments de la droite pour étriller le contre-projet du ministre socialiste les ont contraints à la critique du système actuel. En tactique militaire, on appelle cela un «contre-feu»!

D’ailleurs dans le camp des initiants de la caisse publique, on ne dramatise pas l’abandon de ce contre-projet. «Personnellement, je trouve même mieux que notre texte aille tout seul. Cela permettra un débat de fond», avance Stéphane Rossini, membre du comité d’initiative. Et cela met les opposants à la caisse publique dans une situation défensive: ils devront expliquer qu’ils ne sont pas pour le statu quo.

Sondages favorables

La campagne s’annonce rude. D’autant que l’initiative est pour l’instant très bien reçue dans la population. S’ils avaient voté en juin 2013, les Suisses auraient accepté «Pour une caisse publique d’assurance-maladie» par 65% de oui contre 28% de non.

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