Airbnb grandit et les cantons réclament leur dû

SuisseZoug est pour le moment le seul canton à avoir signé une convention avec l'entreprise de location d'appartements.

La Suisse réserve un écueil de taille à Airbnb: la réglementation qui change d'un canton à l'autre, voire d'une commune à l'autre.

La Suisse réserve un écueil de taille à Airbnb: la réglementation qui change d'un canton à l'autre, voire d'une commune à l'autre. Image: Keystone

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L'offre d'Airbnb n'a jamais été aussi grande en Suisse. Face à cette croissance, plusieurs cantons négocient avec la plate-forme d'hébergement touristique américaine pour récupérer les taxes de séjour.

Zoug est le seul canton à avoir signé une convention avec l'entreprise de location d'appartements. La société californienne prélève depuis le mois de juillet la taxe de séjour pour Zoug Tourisme. Fribourg, le Valais, Genève, Berne, Zurich et le Tessin sont quant à eux toujours en négociation.

«L'objectif est de parvenir à un accord d'ici la fin de l'année», explique à l'ats Lucie Gerber, porte-parole de Genève Tourisme. Le chef du Département de l'économie et de la sécurité (DSE), Pierre Maudet, a rencontré l'année passée les dirigeants du groupe.

Le nombre de jours maximal d'offre d'un appartement sur la plate-forme devrait s'établir «entre 10 et 120», a indiqué en novembre dernier Pierre Maudet. La question de la taxe devrait, quant à elle, être déléguée «sous réserve de contrôles».

Hôteliers mi-figue mi-raisin

Sur sol fribourgeois, un accord est en cours de finalisation. L'entreprise devrait directement prélever les taxes de séjour auprès de ses clients et les verser ensuite au canton.

Du côté du Tessin, l'office du tourisme a rencontré à plusieurs reprises les responsables du site d'hébergement. Ces derniers «sont en principe d'accord d'encaisser directement la taxe de séjour», a affirmé à la télévision de Suisse italienne RSI Elia Frapolli, directeur de l'office. La perception de cette taxe est actuellement déléguée aux privés qui mettent à disposition leur logement.

Mais la signature d'un accord ne contentera que partiellement les hôteliers. Ceux-ci demandent une égalité de traitement, notamment le respect des normes d'hygiène et de protection incendie.

Plusieurs lois

De son côté Airbnb indique soutenir tous les cantons dans leur démarche, dans le but de réduire la bureaucratie tant pour l'administration que pour les hôtes. «Mais la conclusion d'une convention dépend également de la volonté du canton», souligne Isabelle Klot, porte-parole de la société.

Autre écueil: la réglementation change d'un canton à l'autre, voire d'une commune à l'autre. Aux Grisons par exemple, la taxe de séjour est réglementée de façon communale. Idem pour Vaud.

Mais le Conseil d?Etat vaudois songe à mettre sur pied des mesures afin de cadrer les logements de plus de 10 lits. «Un registre cantonal pourrait se mettre en place, une réponse du Conseil d?Etat est prévue pour ce printemps», précise Cindy Maghenzani, porte-parole de l'Office du tourisme du canton.

Au niveau national, le Conseil fédéral a chargé au milieu du mois de novembre le Département de l'économie de préparer une révision du droit du bail. La modification concerne notamment la sous-location.

Si le gouvernement estime que la législation fédérale est pertinente pour régler les questions réglementaires en lien avec les plates-formes d'hébergement touristique, la notion de logement de vacances doit toutefois être revue sous l'angle du droit du bail. Idem pour les modalités d'obtention du consentement à la sous-location et les raisons du refus d'un tel consentement.

Une initiative parlementaire, qui veut obliger un locataire souhaitant sous-louer son appartement à soumettre une demande écrite à son bailleur, a également été déposée au mois d'avril de l'année passée par le conseiller national Hans Egloff (UDC/ZH). La commission des affaires juridiques du Conseil national a désormais un peu plus d'un an pour élaborer un projet de loi.

Valais en tête

En Suisse, Airbnb proposait à fin juin 2017 29'595 objets à la location, ce qui représente 80'227 lits, selon une étude de l'Observatoire valaisan du tourisme, établi à Sierre (VS). En l'espace d'un an, 11'000 nouveaux logements ont été proposés sur la plate-forme américaine.

La proportion de lits disponibles via ce service représente désormais 30% de l'offre hôtelière totale, en progression de 5 points en l'espace de six mois. Sur sol valaisan, cette part atteint même 73%.

Le Valais demeure en tête du classement des cantons détenant le plus grand nombre d'objets et de lits mis en location sur Airbnb (5150 objets et 22'953 lits). Cela représente 28,6% de l'offre helvétique en la matière.

Les trois cantons touristiques alpins (Valais, Grison et Berne) occupent les trois premières places des régions disposant de plus de lits disponibles sur la plate-forme. Ils cumulent à eux seuls plus de la moitié de l'offre totale du pays (50,6%). Vaud, Zurich et Genève suivent.

Fondé en 2008 et basé à San Francisco, Airbnb est présent dans plus de 65'000 villes à travers 191 pays, selon son site internet. La plate-forme propose 4 millions de logements. Le groupe a déjà signé un accord avec plus de 340 cités pour la collecte automatisée de la taxe de séjour via sa plate-forme. (ats/nxp)

Créé: 14.01.2018, 10h12

Les villes européennes tirent sur le frein à main

Amsterdam a réduit à 60 jours par an la location d'un appartement sur Airbnb. Et la cité souhaite la limiter à 30 jours annuels, dès l'année prochaine. Les autorités locales cherchent ainsi à réduire l'afflux de touristes vers la capitale.

A Paris, le plafond légal de location est fixé à 120 nuitées par an. En 2017, près d'un million d'euros d'amende (1,17 million de francs) ont été infligés dans la capitale française pour le non-respect de cette règle.

En France, Airbnb a également dû renoncer cette semaine, sous la pression politique, à l'utilisation d'une carte prépayée. Ce moyen est soupçonné de permettre aux propriétaires de logements d'encaisser des revenus de location sans les déclarer.

A Barcelone, les locations de logements touristiques doivent obtenir une licence municipale, sous peine d'amende. La maire de la ville, Ada Colau, a engagé dès son élection en 2015 une guerre contre la saturation touristique de la cité, qui suscite la colère des riverains et le renchérissement des loyers.

Elle a également intensifié les contrôles visant les appartements illégaux et interdit l'ouverture de nouveaux logements touristiques dans le centre.

Berlin est une des premières villes européennes à être entrée en guerre contre la plate-forme. La capitale allemande dispose de conditions de location strictes et a ouvert un portail en ligne. Ce dernier permet aux habitants de signaler anonymement des appartements jugés suspects.

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