L'affaire du récidiviste relance le débat sur la surveillance

SécuritéUn pédophile a pu arracher son bracelet électronique en toute impunité. Le système reste fiable, selon les autorités.

L'efficacité du port du bracelet électronique a ses limites.

L'efficacité du port du bracelet électronique a ses limites. Image: Odile Meylan

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Nous relations dans notre édition de vendredi l’histoire de William W. Ce pédophile est accusé d’avoir récidivé il y a deux ans dans le canton de Soleure. En liberté surveillée, l'homme était parvenu à neutraliser plusieurs fois son bracelet électronique pour échapper au radar. Les autorités le savaient mais n’ont pas réagi à temps. Nos révélations ont suscité des réactions virulentes. «On joue avec la sécurité publique», dénonce Christian Imark, conseiller national soleurois (UDC).

Cette affaire pose la question de la fiabilité de ce système de surveillance électronique. D’autres drames similaires ont soulevé la même polémique. En 2012 déjà, le bracelet du détenu Markus W. n’avait pas empêché ce multirécidiviste de violer à nouveau, trois fois, en Suisse. Une année plus tard, Claude D. s’était débarrassé du sien avant de tuer la jeune Vaudoise Marie à Châtonnaye (FR). Le cas William W. rappelle donc la faiblesse du système.

Claude D. lors de son procès dans le canton de Vaud. Dessin: Patrick Tondeux.

Que faire? Au lendemain du meurtre de Marie, la conseillère d’État vaudoise chargée de la Sécurité, Béatrice Métraux, avait interdit l’usage du bracelet aux auteurs de crimes de sang et sexuels. Cette mesure politique propre au Canton est toujours en vigueur. «Elle est maintenue afin de prévenir le risque de récidive. Elle a été prise eu égard à la gravité des faits reprochés», explique Laurence Jobin, porte-parole du Département vaudois de la sécurité.

L’interdiction n’est pas la seule réponse. En fait, la surveillance électronique n’est pas adaptée à toutes les catégories de personnes condamnées, selon Alexandre Viscardi. Le chef de l’Office vaudois de l’exécution des peines (OEP) nous explique que le bracelet est idéal pour les courtes peines, de 20 jours à 12 mois. «Ce sont des détenus qui ont un travail, une famille, un projet de vie. La mesure leur permet de purger leur peine tout en évitant la désinsertion sociale.» Des détenus plus lourdement condamnés peuvent aussi bénéficier de ce régime particulier d’exécution en fin de peine, mais c’est plus rare.

Alexandre Viscardi, chef de l’Office vaudois de l’exécution des peines. Photo: Odile Meylan/ 24heures .

Dans tous les cas, le port du bracelet est soumis à des conditions strictes. Leur non-respect provoque une sanction, pouvant aller jusqu’au retour en prison. Ces règles de conduite se définissent au cas par cas. Certains lieux peuvent être interdits au détenu. Certains horaires peuvent lui être imposés. Malgré cela, le risque zéro n’existe pas. «La surveillance électronique permet de contrôler une assignation à résidence et les déplacements du détenu. Elle est autorisée pour autant qu’il n’y ait pas de crainte d’une récidive», commente François Grivat, de la Fondation vaudoise de probation.

L’exécution des peines est du ressort des cantons. Actuellement, il n’existe pas un système national de surveillance électronique. Mais les autorités veulent changer cette situation, selon Blaise Péquignot. Le secrétaire général de la Conférence latine des directeurs cantonaux de Justice et Police explique qu’un groupe de travail a été récemment créé pour proposer le même modèle de bracelet à tous les cantons. Le projet doit être prêt pour le 1er janvier 2023.

La Conférence latine des chefs des départements de justice et police s’occupe en particulier de mesures d’application pour l’exécution des peines, indique son site internet cldjp.ch.

La réflexion est en cours. Les experts hésitent entre la surveillance passive et celle active. La première est privilégiée aujourd’hui. Les autorités peuvent constater a posteriori que le détenu n’a pas respecté un horaire ou un périmètre. Problème: cela ne peut pas se faire en direct. La réaction n’est pas immédiate. La surveillance active est plus alerte. Elle s’effectue 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le bracelet est alors relié à un GPS. Tout faux mouvement du détenu est signalé. Mais cela nécessiterait une logistique importante pour permettre une intervention en temps réel. «Et cela n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant», détaille la porte-parole Laurence Jobin.

Créé: 07.02.2020, 19h17

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