Une soixantaine de Roms hongrois ont peu d’espoir d’obtenir l’asile

VallorbeSe disant victimes de persécutions, les migrants sont arrivés directement dans un car bondé dans le centre d’enregistrement vaudois de requérants.

Le Centre d'Enregistrement et de Procédure de Vallorbe.

Le Centre d'Enregistrement et de Procédure de Vallorbe. Image: MICHEL DUPERREX -A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le personnel du centre d’enregistrement de Vallorbe n’avait pas vécu une telle scène depuis mai 2007, quand un groupe de 80 Roms originaires de Roumanie avait frappé aux portes de l’établissement. Lundi après-midi, au terme d’un voyage de vingt heures à bord d’un car bondé, 65 Roms hongrois se sont présentés devant le centre pour demander l’asile, les bras chargés de valises. Dimanche, ils avaient quitté la ville de Miskolc, au nord de la Hongrie, pays où ils se disent persécutés.

Faute de place, l’essentiel du groupe a été envoyé peu après son arrivée vers d’autres centres , à Pfäffikon (Zurich), et à Bâle, comme l’a rapporté Le Matin dans son édition du jour. Ne reste plus à Vallorbe qu’une quinzaine de personnes.

«Nos maisons vont être détruites, raconte Lajos, posté devant l’entrée du centre pour requérants de Vallorbe. Nous n’avions pas d’autre choix que de partir, on allait nous retirer nos enfants si nous nous retrouvions sans logement.»

«Plus de Roms dans sa ville»

Les autorités de Miskolc, une ville de 160'000 habitants dont entre 25'000 et 30'000 Roms, selon Le Matin, ont décidé de raser le quartier rom, qu’elles considèrent comme un bidonville. Elles envisagent de construire un stade de foot et un parking sur le site. «Nous vivons dans des conditions normales, nos maisons sont propres, nous travaillons, nos enfants vont à l’école, nous payons notre loyer. Le maire de Miskolc ne veut simplement plus de Roms dans sa ville», dit Szilvia, qui relève encore les embûches pour leur permettre de trouver un nouveau logement.

Pourquoi avoir choisi la Suisse? «Nous avons vu sur internet qu’il y aurait peut-être une chance pour nous d’être reçus ici», répond Lajos, dont un proche habite Genève depuis une dizaine d’années. Nous ne savons pas ce qui va se passer, mais nous sommes heureux d’avoir été accueillis.»

Il risque d’être déçu. «Les chances que leurs demandes soit acceptées sont faibles car la Hongrie est considérée comme un pays sûr, explique Céline Kohlprath, porte-parole de l’Office des Migrations (ODM). Mais nous allons analyser chaque cas individuellement et vérifier qu’il n’y a pas de persécution.» Une décision devrait tomber ces prochains jours. «Les demandes vont être traitées prioritairement car ce sont des ressortissants européens.»

En 2013, sur 30 demandes d’asile émanant de ressortissants hongrois – l’ODM ne publie pas de statistique selon les origines ethniques –, aucune n’a été couronnée de succès. Idem pour les 30 requêtes roumaines.

Créé: 22.10.2014, 07h16

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.