Un satellite suisse enfin mis en orbite par SpaceX

EPFLLe lancement du premier satellite de la start-up Astrocast, plusieurs fois été reporté, a finalement eu lieu lundi soir.


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Fabien Jordan, CEO de la start-up de l’EPFL Astrocast, a pris son mal en patience. Depuis juillet dernier, il attendait désespérément que la fusée réutilisable Falcon 9 d’Elon Musk décolle enfin de la base militaire californienne de Vandenberg. Car, parmi les 64 satellites que SpaceX prévoit de mettre en orbite, figure le premier satellite d’Astrocast qui verra l’espace. La fusée a finalement décollé lundi soir, Fabien Jordan souffle enfin.

À terme, la start-up, qui a déjà levé la moitié des 15 millions de francs de son deuxième tour de table, prévoit d’envoyer une soixantaine d’engins pour créer une toile de minisatellites qui quadrillent la Terre sur huit plans orbitaux. Aux dimensions d’une boîte de chaussures et pesant 4 kilos, les satellites estampillés Astrocast voleront en orbite basse, à quelque 600 km de la planète bleue.

Le lancement de votre satellite a été repoussé plusieurs fois. Pas trop dur?

Si! Surtout dans la mesure où c’est le premier de nos satellites à partir dans l’espace. Nos nerfs sont mis à l’épreuve, mais ça fait partie de notre industrie, on s’y attendait. La vraie difficulté consiste à construire un planning qui permet de tolérer cette flexibilité. On a cherché à réduire les risques, qui vont d’une fusée qui explose à une mauvaise mise en orbite. Pour cette raison, nous avons un deuxième lancement prévu à bord d’un lanceur indien. C’était planifié pour janvier prochain, ce sera finalement en mars. Nous nous sommes donné deux chances, il faut qu’au moins un satellite fonctionne.

Vous a-t-on expliqué les raisons de tous ces reports?

Tout le monde veut voler avec SpaceX, il y a une longue liste d’attente. D’autant que la firme a ses propres contraintes, ses propres problèmes à gérer compte tenu de son développement fulgurant. C’est connu dans l’industrie que SpaceX a pris du retard pour ses lancements. Le facteur météo ( ndlr: invoqué depuis la semaine passée ) est l’une des dernières raisons pour un report.

Est-ce dur pour une entreprise suisse de se faire une place dans le secteur spatial?

Oui, car notre pays a une longue tradition spatiale, mais jamais dans la gestion de missions. La Suisse a fourni des instruments et des technologies spécifiques, alors que là, c’est bien plus global. Nous sommes un futur opérateur de satellites. En Suisse, nous sommes les premiers à gérer une constellation, à fabriquer nos satellites et à offrir un système de télécommunication par satellites.

Concrètement, que va faire le premier satellite d’Astrocast dans l’espace? Il s’agit d’un satellite de démonstration qui doit prouver que notre système fonctionne, c’est une phase test. L’an prochain, nous mettons en orbite les dix premiers engins de la constellation de 64 nanosatellites qui offrira nos services. Notre solution ne sera commercialisée qu’à partir de 2020. Au début, le service sera limité, avec un contact entre un objet et un satellite par jour. Cela intéresse des secteurs que ce temps de latence ne dérange pas comme, par exemple, des réservoirs d’eau en zone aride qui communiquent leur niveau d’eau une fois par jour. Au gré du déploiement de la constellation, nous allons ensuite baisser ce temps de latence à l’heure, puis à la minute.

Aujourd’hui, qui sont vos principaux partenaires?

Airbus est l’un de nos principaux partenaires stratégiques, un investisseur et un client de notre solution. Nous avons aussi un soutien conséquent de l’Agence spatiale européenne.

Quelles sont les prochaines étapes de l’aventure?

Dès 2020, nous lancerons entre vingt et trente satellites par année jusqu’à avoir la constellation globale. Les satellites ayant une durée de vie de 3 à 5 ans, il faudra ensuite les désorbiter pour en lancer de nouveaux, et ainsi de suite. Ces changements fréquents nous permettront de toujours mettre les dernières technologies en orbite.

Créé: 03.12.2018, 19h35

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