«Un bon résultat de la COP24 demeure encore possible»

Réchauffement climatiqueLa conférence sur le climat s’achève ce soir en Pologne. Le point sur dix jours de tractations avec le chef de la délégation suisse, Franz Perrez.

C’est à l’intérieur de ce bâtiment que se joue le sort de la COP24.

C’est à l’intérieur de ce bâtiment que se joue le sort de la COP24. Image: Reuters

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Le spectre d’un blocage des discussions plane sur Katowice, près de deux semaines après les débuts de la conférence mondiale sur le climat. Tard dans la soirée de jeudi, les négociateurs de près de 200 pays ont rédigé un projet sur la mise en œuvre de l'accord de Paris. Mais des divergences subsistent toutefois toujours sur le texte à quelques heures de la fin de la conférence. Ces tractations visent à déterminer la mise en œuvre de l'accord de Paris établi en 2015 ainsi que son financement.

Jeudi après-midi, alors que le projet d'accord était encore en discussion, le responsable de la délégation suisse, l’ambassadeur Franz Perrez – chef de la division Affaires internationales de l’Office fédéral de l’environnement – donnait son appréciation des discussions.

La COP24 se dirige-t-elle vers un échec?
Ou vers un succès… À 48 heures de la fin de la conférence (ndlr: jeudi à la mi-journée), toutes les options restent ouvertes. C’est vraiment la phase délicate qui commence. Les indications qui nous parviennent montrent que l’on peut pencher dans un sens comme dans l’autre. Selon nous, un bon résultat demeure encore possible.

Que se passe-t-il concrètement? Différents groupes de pays se battent sur chaque mot définissant comment les États doivent remplir les engagements de l’Accord de Paris en 2015?
La majeure partie du débat porte sur le «rulebook» – c’est-à-dire les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris. Mais ces négociations touchent également au financement qui sera requis pour atteindre les objectifs de réduction des émissions. De nombreuses variantes sont sur la table – certaines très volontaristes. Notre priorité est de pouvoir trouver une entente sur un «paquet» incluant les règles de mise en œuvre des mesures de réduction, mais aussi d’adaptation et de financement. Les négociations sont intenses et complexes en raison de la multiplicité des thématiques concernées. De son côté, la présidence de la COP24 doit arriver à faire adopter un compromis acceptable par tous.

L’opposition des États-Unis et de la Russie à l’appréciation des objectifs fixés après le rapport historique du GIEC – notamment la limitation du réchauffement à 1,5 °C – a laissé craindre le blocage. Où en est-on?
Ces pays insistent pour qu’on prenne simplement note de ce rapport, quand les autres souhaitent qu’on loue la qualité de ce document important. Comme on ne pouvait s’accorder sur une formulation précise, les États n’ont pu adopter de décision à ce sujet. Aux yeux de la Suisse le rapport du GIEC reste un document qui contient des informations cruciales et qui doit inspirer toute la politique climatique. Mais au-delà de ce débat, la priorité de ce sommet de Katowice demeure l’adoption de règles de mises en œuvre.

«Si l’accord proposé ne répond pas à ces exigences minimales, nous préférerons que les négociations soient suspendues»

Quelle serait la position suisse, en cas d’accord se révélant bien inférieur aux attentes?
Des règles de mise en œuvre qui affaibliraient l’Accord de Paris seraient inacceptables, comme l’a indiqué mercredi la ministre de l’Environnement, Doris Leuthard. Si l’accord proposé ne répond pas à ces exigences minimales, nous préférerons que les négociations soient suspendues. Les règles qui sont en train d’être négociées à Katowice sont appelées à durer — elles seront appliquées au cours des trente prochaines années. Il est donc indispensable qu’elles soient définies de la manière la plus claire et la plus robuste possible.

La position de la Suisse est-elle fragilisée par le rejet de la loi sur le CO2 par le Conseil national, ce mardi?
Nous sommes sur deux niveaux différents. Ce qui est négocié ici en Pologne concerne la mise en œuvre de l’Accord de Paris – surtout des règles de transparence détaillées. Dans ce domaine de la transparence, la position défendue par la Suisse à la COP24 n’a pas changé et n’est pas touchée par la dernière décision du Conseil national sur la révision de la loi sur le CO2. L’augmentation des ambitions des États en matière de réductions des émissions de gaz à effet de serre ne fait en effet pas partie des négociations de Katowice. (TDG)

Créé: 14.12.2018, 10h29

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Les grands points de blocage


L’Accord de Paris sur le climat joue sa survie à Katowice. Il y a trois ans en France, la communauté internationale s’est donné pour objectif de limiter à 2 °C le réchauffement planétaire. Ce ne sera qu’un vœu pieux si les négociateurs en Pologne ne parviennent pas à définir concrètement le calcul des buts nationaux de réduction des émissions polluantes. Or les points de blocage ne manquent pas. Voyez plutôt

  • Transparence en péril

«Beaucoup d’États n’aiment pas la transparence ou exigent des règles spéciales», constatait ce jeudi la conseillère fédérale Doris Leuthard. Les capitales ne sont pas enchantées à l’idée de devoir rendre des comptes. Nombre de gouvernements préfèrent des règles le moins contraignantes possible.

  • Flexibilité en question

Les États du Nord exigent un suivi strict des émissions. Mais les plus pauvres, rappelant que les pays industrialisés ont beaucoup pollué au cours de leur développement, réclament de la flexibilité. À quel point?

  • Aides financières réclamées

Autre point de contentieux entre Nord et Sud, les promesses financières censées aider les pays pauvres à atteindre leurs objectifs sans prétériter leurs économies fragiles. Qu’en sera-t-il exactement?

  • Rapport alarmant

Les États ne s’entendent pas non plus sur l’importance à donner au récent rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), montrant que l’impact serait déjà très important avec une augmentation de 1,5 °C. La majorité des délégations souhaitent «accueillir favorablement» ce rapport alarmant. États-Unis, Arabie saoudite, Russie et Koweït veulent seulement en «prendre note».
Andrés Allemand

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