Non à l'initiative «contre l'immigration de masse»

RefusLe peuple pourra dire en 2014 s'il veut à nouveau contingenter l'arrivée de ressortissants européens.

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Le Conseil des Etats dit non à l'initiative de l'UDC «contre l'immigration de masse». A l'unisson, le Conseil fédéral et le Parlement recommandent de voter «non». Suivant le National, le Conseil des Etats a rejeté le texte jeudi par 34 voix contre 6.

Ce texte vise à réintroduire des plafonds annuels à l'immigration ainsi que des contingents pour les autorisations de séjour en Suisse. Ces limites s'appliqueraient aussi aux frontaliers et aux requérants d'asile.

Pour la majorité, cette initiative fait peser une lourde épée de Damoclès sur la Suisse car elle est contraire à l'accord de libre circulation avec l'Union européenne.

Il est illusoire de penser que l'on pourra renégocier ce traité, ont martelé plusieurs sénateurs. Il faudra donc dénoncer l'accord dans les trois ans. Et, clause guillotine oblige, tout l'édifice bilatéral s'écroulera.

Suisse en péril

Les démocrates du centre n'ont pu compter que sur le soutien de l'indépendant schaffhousois Thomas Minder pour défendre leur cause. L'immigration incontrôlée inquiète les citoyens, a lancé le patron de Trybol.

Et de dépeindre, avec verve et en multipliant les statistiques, un tableau presque apocalyptique. Les immigrés affluent en masse. La population est passée à plus de huit millions d'habitants. Le trafic ne cesse d'augmenter. Chaque seconde, un mètre carré de plus est bétonné.

Face aux hausses de loyers, les Suisses doivent fuir les villes. Le nombre des écoliers est à la hausse, celui des chômeurs aussi. Un sans-emploi sur deux est étranger.

«Rester maîtres chez nous»

Selon Thomas Minder, la Suisse n'est pas seulement un des pays les plus attrayants du monde en matière d'immigration, elle est aussi un Eldorado en Europe pour les malfrats. Et tout cela sans compter une surreprésentation des étrangers parmi les bénéficiaires des institutions sociales et dans les prisons.

Et encore, la situation économique est assez bonne actuellement, mais que se passera-t-il en cas de récession ?, a renchéri Peter Föhn (UDC/SZ). «Nous devons rester maîtres chez nous».

Mauvais instrument

Ces arguments ont été démontés un à un par les autres sénateurs. Depuis 2002, la libre circulation des personnes a apporté à la Suisse bien plus d«avantages économiques que d«inconvénients, a fait valoir la majorité. La Suisse a un bon niveau de vie parce qu'elle a une économie ouverte, a affirmé Raphaël Comte (PLR/NE).

Un retour aux contingents provoquerait une hausse intolérable de la charge administrative pour les entreprises et l«administration. Un tel système ne permet pas de piloter l'immigration, qui dépend avant tout de la santé économique de la Suisse, a fait valoir Robert Cramer (Verts/GE).

Un retour à la situation des années 1970 serait pénalisant pour l'économie car les contingents sont trop rigides. Avec une limitation à 30'000 personnes par an par exemple, on ne répond qu'à la demande de l'agriculture et de l'hôtellerie, a souligné Hans Stöckli (PS/BE).

Pourquoi l'asile ?

Et quelle autorité devrait trancher ? Si cette compétence devait être dévolue au Parlement, ce serait la foire d'empoigne de la part des différents lobbies, a prédit le Biennois. Pire, selon la majorité, les contingents entraînent des situations précaires qui empêchent une bonne intégration des étrangers.

Et pourquoi intégrer les requérants d'asile ? se sont interrogés plusieurs orateurs. «La crise syrienne n'a rien à voir avec les intérêts économiques de la Suisse», a souligné Raphaël Comte. Selon lui, «ce qui dérange les initiants, ce sont les étrangers, peu importe qu'ils soient intégrés ou non».

Problèmes à régler

La Suisse affronte certes des difficultés dans les domaines du logement et des infrastructures. Mais celles-ci ne sont pas à mettre au seul compte de l'augmentation de la population, a expliqué Robert Cramer.

Des changements de mode de vie sont aussi en cause. Les gens habitent des logements aux surfaces de plus en plus grandes. Et il y a toujours davantage de pendulaires. «Dans un bouchon, c'est le plus souvent un Suisse qui conduit dans la voiture derrière la sienne», a noté le Genevois.

Quant aux solutions, elles sont à chercher ailleurs. Par exemple, dans le projet de développement de l'infrastructure ferroviaire. A gauche, on a aussi souligné la nécessité de renforcer les mesures d'accompagnement, entre autres pour lutter contre le dumping salarial.

Il faudra des actes pour convaincre la population, selon Anita Fetz. La socialiste bâloise a ainsi plaidé pour une forte offensive dans le domaine de la formation. La Suisse doit en outre mettre le holà face aux privilèges accordés aux expatriés. Et pour lutter contre la criminalité transfrontalière, il faut augmenter le nombre de gardes-frontière. (ats/nxp)

Créé: 19.09.2013, 11h34

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