Moins de mazout pour se chauffer? Les Vaudois sont bons élèves

EnvironnementLes Bernois ont refusé dimanche une loi sur l’énergie contraignante. En Suisse romande, c’est le canton de Vaud qui est le plus avancé.

Image: Valdemar Verissimo

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Après le résultat du scrutin bernois dimanche où 50,6% des votants ont décidé de ne pas partir en guerre contre le mazout et les énergies fossiles, l’on reparle des mauvais et des bons élèves. Parmi ces derniers figure un seul canton romand: Vaud. Il est sur la bonne voie en matière énergétique en compagnie des deux Bâles, d’Obwald et Lucerne. Que font-ils de plus que les autres? Gentiment mais sûrement, ils mettent en œuvre le MoPEC, modèle de prescriptions énergétiques des cantons.

Pas une guerre au mazout

En matière de chauffage des bâtiments, la politique vaudoise est principalement axée sur l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. Mais la guerre aux chauffages à énergie fossile est-elle réellement déclarée? Mohamed Meghari, le chef de la division Efficacité énergétique à l’État de Vaud, parle plutôt d’une «évolution naturelle». «Elle est illustrée notamment par le résultat de la votation sur la stratégie énergétique 2050 plébiscitée à hauteur de 74% par le peuple vaudois.» Le spécialiste rappelle que le bâtiment recèle un fort potentiel d’économie puisqu’il représente à lui seul près de la moitié (46%) de toute l’énergie consommée en Suisse.

Dans la réalité des ménages vaudois, que se passe-t-il concrètement? La loi actuelle pose des exigences d’isolation pour les bâtiments neufs. Ces règles sont renforcées pour les bâtiments chauffés au gaz et encore plus restrictives pour les chaudières à mazout. Depuis 2006, 30% des besoins d’eau chaude doivent être couverts par une source renouvelable et depuis 2014, 20% des besoins d’électricité doivent être produits par une source renouvelable, photovoltaïque dans l’immense majorité des cas. Par ailleurs, lors du remplacement d’une chaudière par du mazout ou du gaz, un audit énergétique (comptez entre 600 et 800 francs) est obligatoire pour montrer les autres solutions possibles.

Disparition naturelle

L’impact des mesures vaudoises se vérifie dans les chiffres. Après 2010, seuls 2% des bâtiments construits ont été équipés d’installation de chauffage à mazout. À titre de comparaison, cette même année, le mazout était préféré pour 120 bâtiments neufs, contre 3 en 2017. La part des pompes à chaleur a quant à elle progressé de 35% en sept ans seulement, alors que la part des installations au gaz a diminué de la même proportion. «La tendance, se réjouit Mohamed Meghari, c’est donc la disparition de ce type d’installation dans les bâtiments neufs.» (TDG)

Créé: 11.02.2019, 12h28

Le MoPEC, un outil pour les cantons

Avec la Stratégie énergétique 2050, la Confédération s’est fixé des objectifs extrêmement ambitieux. La consommation d’énergie par habitant doit être presque divisée par deux d’ici 2050. Et des agents énergétiques très importants aujourd’hui, comme le pétrole, seront dégradés au niveau de niches. L’énergie nucléaire devrait aussi, à terme, disparaître du paysage. Le cadre étant posé, lors des prochaines révisions des différentes lois sur l’énergie, les Cantons devront se conformer au droit fédéral en vigueur dans le domaine énergétique et climatique et s’appuyer sur les dispositions – non contraignantes – du modèle de prescriptions énergétiques des cantons (MoPEC).

Mais qu’est-ce donc? Ce modèle, sur lequel la Conférence des directeurs cantonaux de l’Énergie a planché en 2014, n’est, à ce jour, entré en vigueur dans aucun canton. Suivant les régions, il se trouve à différents stades, le but étant de s’en inspirer fortement pour légiférer dans les trois prochaines années. Le MoPEC fixe à l’échelon cantonal les conditions qui régissent l’utilisation de l’énergie dans le secteur immobilier. Il vise à harmoniser les prescriptions cantonales.

Ces dispositions uniformes dans tout le pays doivent offrir à la branche la sécurité nécessaire et un climat d’investissement fiable pour la rénovation des logements, des bâtiments commerciaux et des chauffages. La mise en œuvre du MoPEC entend caler les dispositifs légaux sur les ambitieux objectifs de la politique fédérale en la matière – réduction des émissions de CO2, amélioration de l’efficacité énergétique, généralisation des énergies renouvelables.

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