Les socialistes suisses militent pour le jet de combat du futur

Défense aérienneAlors que la débat sur la défense aérienne ne fait que commencer, une élue socialiste zurichoise sème le trouble.

La future défense aérienne franco-allemande se dessine. Et si la Suisse prenait part à ce programme?

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La gauche suisse lorgne sur un concept futuriste d’avion de combat voulu par la France et l’Allemagne. Certains socialistes se déclarent séduits par cet ambitieux projet dans la presse alémanique. La conseillère nationale Priska Seiler Graf (PS/ZU) l’a déclaré mercredi dans la NZZ: «Ce serait une opportunité intéressante, car la Suisse compte de nombreuses entreprises susceptibles de contribuer à ce projet.» Elle ajoute que les cinq types de jets de combat actuellement évalués par l’armée suisse (le Gripen E de Saab, le Rafale de Dassault, l’Eurofighter d’Airbus, le F-35 de Lockheed Martin et le Super Hornet de Boeing) sont déjà trop vieux ou trop américains. «Dans la perspective, à long terme, du remplacement du F/A-18, les possibilités de coopération industrielle en vue d’un avion de combat européen seront examinées,» argue encore l’élue PS.

Un projet futuriste

De quoi parle-t-on au juste? Le groupe français «Dassault» et son partenaire «Airbus», la semaine dernière, ont signé un premier contrat d’études. La France et l’Allemagne lancent leur projet de Système de combat aérien du futur (Scaf). Il est destiné à entrer en service à l’horizon 2040. D’ici là, d’autres pays intéressés pourraient rejoindre le Scaf. C’est le cas de l’Espagne dont l’arrivée devrait être officialisée ce mois encore. D’une valeur de 65 millions d’euros, financées à parts égales par les Français et les Allemands, ces recherches commenceront le 1er mars prochain et s’étaleront sur deux ans. Ces travaux préliminaires, selon «Dassault Aviation», porteront sur la taille et le design du futur jet de combat, sa vitesse, ses radars, sa capacité à s’approcher au plus près d’un système antiaérien ennemi, etc. Il s’agira, à terme, d’un système de vol global qui rassemblera les drones, les satellites ainsi que les avions de chasse.

«C’est très discutable»

Alors que la Suisse s’écharpe toujours âprement sur la question du remplacement de l’actuelle flotte de F/A-18 et d’un futur programme d’acquisition chiffré à huit milliards de francs, les avions de sixième génération de nos deux grands voisins intéressent, étonnamment, certains élus du Parti socialiste. Dans les faits, ne serait-ce pas plus pratique de collaborer avec deux grands voisins, en termes de maintenance et d’intendance par exemple?

Pour la conseillère nationale et membre de la commission de sécurité Lisa Mazzone (Les Verts/GE), la question ne se pose même pas tant il n’y a pas péril en la demeure. «Vous imaginez la Suisse, pays neutre, développer des armes militaires avec ses deux grands voisins? Nos besoins sont diamétralement différents. Il ne nous faut pas de force de bombardement par exemple.» Et la Genevoise d’évoquer des priorités autrement plus urgentes. «Il y a des milliers de gens dans la rue pour le climat et on se met à rêver d’avions de luxe. C’est très discutable. Les risques ne sont pas réels et ce n’est pas là qu’on doit investir. La population semble très claire sur le sujet.»

Ne pas mettre la charrue…

Pierre-Alain Fridez (PS/JU), conseiller national et aussi membre de la commission de sécurité, s’en tient à la position officielle du parti. «Nous considérons que les F/A-18 peuvent perdurer jusqu’en 2035, au moins, justifie le Jurassien. Il ne faut donc pas mettre la charrue avant les bœufs. J’ai le sentiment que les arènes sont ouvertes et que chacun y va de sa proposition. On veut des avions hypersophistiqués et ça part dans tous les sens. Personnellement, je suis circonspect. Nous pouvons retarder ce programme d’acquisitions. Reparlons-en dans cinq ans.» (24 Heures)

Créé: 14.02.2019, 12h24

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