Les jeunes sont-ils prêts à lâcher leur smartphone?

NumériquePrésentée ce lundi, une étude fédérale est formelle: les 16-25 ans sont davantage conscients de leur dépendance à Internet que les adultes.

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Les jeunes Suisses baignent dans le monde numérique depuis la naissance. Mais comment la génération Z vit-elle sa connexion permanente à Internet? Plutôt bien, selon le rapport «Always on», présenté ce lundi à Berne par la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse (CFEJ). L’enquête met en avant que ces jeunes réfléchissent même davantage que les adultes à leur utilisation du web. «L’étude montre que les jeunes ne sont pas perdus derrière leurs écrans et qu’ils ont beaucoup de choses à dire. Peut-être même plus que nous, a ironisé Sami Kanaan, président de la CFEJ et conseiller administratif de la Ville de Genève, en charge de la culture et des sports. Notre démarche structure le débat, sans l’angle du vécu des jeunes. Dans notre société, il y a bien des débats ponctuels sur le portable à l’école ou encore le cyberharcèlement. Il est nécessaire de prendre du recul et de donner la parole à ceux qui sont le plus concernés.»

Un travail scientifique

«Quel est le comportement typique d’un jeune? C’est l’une des questions essentielles que nous avons posée, a expliqué Rahel Heeg, collaboratrice scientifique à l’Institut suisse d’aide à l’enfance et à la jeunesse. Pour nous, le temps libre passé en ligne est une donnée majeure.»

Que disent les chiffres? Durant leur temps libre, les 16-25 ans sont en ligne quatre heures par jour en moyenne, contre deux heures et demie pour les personnes âgées entre 40 et 55 ans. Les jeunes consultent leur téléphone 30 fois par jour, les adultes seulement 15 fois. Ce qui frappe particulièrement: seuls 11% des adultes, mais 37% des jeunes consultent leur téléphone plus de 50 fois par jour.

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Sans véritable surprise, les jeunes consomment, plusieurs fois par jour, les messageries instantanées (WhatsApp, Snapchat, etc.), les réseaux sociaux (Instagram, Facebook) et les portails vidéo. Sur la question du pourquoi, les jeunes apprécient avant tout d’être en contact avec d’autres personnes, de pouvoir rechercher des informations pour l’école ou le travail et pour se divertir. À noter que les jeunes femmes utilisent plus souvent les réseaux sociaux que les jeunes hommes. Ces derniers jouent davantage à des jeux en ligne, selon le rapport du CFEJ. Par ailleurs, les adolescents romands utilisent plus les réseaux sociaux que les Alémaniques.

Comment le vivent-ils?

La moitié des 16-25 ans vit la connexion permanente de manière essentiellement positive. L’autre moitié est plus ambivalente: les aspects positifs sont certes relevés, mais aussi le stress induit. Un jeune sur trois se sent mis sous pression par les applications qui récompensent une utilisation régulière et un sur quatre devient nerveux s’il n’est pas connecté à Internet durant un certain temps. Dans l’ensemble, les jeunes femmes perçoivent la connexion permanente de manière plus négative que les hommes car elles ressentent une mise sous pression des applications et éprouvent un malaise lorsqu’elles se comparent à d’autres personnes sur Internet.

L’étude de la CFEJ se focalise aussi sur les 10% de jeunes qui, par rapport à leurs pairs, sont en ligne plus intensément (en moyenne 5,4 heures par jour). Elle montre que ce groupe «connecté partout et en permanence» se fixe aussi plus de règles de limitation, ce qui induit des symptômes de privation lorsque ces jeunes sont déconnectés.

L’étude a été menée auprès de 1001 personnes âgées de 16 à 25 ans et auprès d’un panel de 390 adultes de 40 à 55 ans.

Créé: 26.08.2019, 12h59

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