«Les filières des farines animales devront être sûres à 100%»

AlimentationLe retour des farines animales crée la polémique dans les pays de l'Union européenne. Ces produits exigent encore des contrôles pour éviter un retour de la maladie de la «vache folle», explique l'Office vétérinaire fédéral.

Les farines de porc et de volaille devront subir des contrôles sévères pour éviter tout cas de contact entre elles.

Les farines de porc et de volaille devront subir des contrôles sévères pour éviter tout cas de contact entre elles. Image: AFP

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Les farines animales de porc et de volaille pourront dès le 1er juin nourrir les poissons d'élevage dans l'Union européenne.

C'est la décision prise le 18 juillet 2012 et communiquée par la Commission européenne le 14 février dernier. Ces produits bénéficiaient déjà d'une autorisation en Suisse.

Une deuxième étape plus polémique devrait toutefois permettre aux farines de porcs de nourrir les volailles, et inversement. Le procédé avait été interdit en 2001, après cinq ans d'épizootie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

La réintroduction de farines de porcs et de volaille n'interviendra pas avant 2014, les 27 pays de l'Union n'arrivant pas à se mettre d'accord sur le sujet.

En attendant, faut-il s'alarmer en Suisse de cette perspective? En 2011, l'Office vétérinaire fédéral indiquait que des risques de mélange des farines animales lors de leur production n'étaient pas nuls. Or, les cas de vaches folles, nous ont appris que le cannibalisme favorisait la propagation de maladies.

Contrôles de la filière

Les contrôles de la filière de production restent donc la clé de la sécurité sanitaire, rappelle l'Office vétérinaire fédéral: «Pour assurer cette sécurité, il faut que les filières de porcs et de volailles puissent être séparées dans les camions de transports, les abattoirs, les moulins qui réduisent la viande en farine et dans leur acheminement chez les paysans», détaille Nathalie Rochat, porte-parole. A aucun moment l’une ou l’autre viande ne doit entrer en contact.

Un groupe de travail étudie en ce moment la meilleure manière de séparer ces filières. Celui-ci est formé de tous leurs composants: les Offices fédéraux de l'agriculture et vétérinaire, de responsables de moulins à farines animales, d'abattoirs, de producteurs et de paysans. «On ne laissera pas réintroduire ces farines animales en Suisse tant que nous ne serons pas sûrs à 100% que les filières sont sécurisées», assure Nathalie Rochat.

Le consommateur décide

L'Union suisse des paysans (USP) reste ouverte à cette réintroduction, notamment pour des raisons écologiques: «On importe beaucoup de soja alors que nous pourrions simplement utiliser des déchets carnés qui sont actuellement brûlés», souligne Martin Rufer, responsable du département production marché et écologie. «Pour nous, c'est toutefois la sensibilité du consommateur qui décidera».

La maladie de la vache folle est considérée comme éteinte. Depuis le premier cas détecté en 1990, 467 cas ont été répertoriés en Suisse. A l’exception d'un cas isolé de 2011, tous les bovins atteints étaient nés avant l’interdiction totale des farines animales décrétée en janvier 2001. (nxp)

Créé: 19.02.2013, 17h38

Etiquetage recommandé

Les farines animales de porc et de volaille que consommeront dès le 1er juin les poissons d'élevage de l'Union européenne sont constituées des parties saines et propres à la consommation humaine de l'animal.

Les os en sont exclus, contrairement aux anciennes farines animales impliquées dans la maladie de la vache folle.

Certains députés de l'Union européenne, à l'exemple du Vert José Bové, demandent un étiquetage spécifique distinguant les poissons nourris avec et sans farines animales, indiquait dimanche Le Monde.

Ces farines sont perçues par leurs détracteurs comme des sources de protéines bon marché face à un cours du soja qui ne cesse de grimper.

Par mesure de précaution, aucune réintroduction de farines animales d'origine bovine, interdites en 1997, n'est agendée.

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