Les fake news, un danger pour la démocratie

SuissePour la majorité des sondés, les fausses informations sont préjudiciables à une bonne cohésion sociale.

Image: Archive/photo d'illustration/AFP

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Quatre personnes sur cinq en Suisse considèrent les «fake news» comme une menace pour la démocratie et la cohésion sociale, selon un sondage. Une majorité estime toutefois que ce danger pourrait être endigué par l'éducation scolaire.

Pour la grande majorité des citoyens suisses, le coupable de cette évolution est tout trouvé: Internet. Près de 75% des personnes interrogées estiment que la proportion des «fausses nouvelles» «information fallacieuse» ou «infox») dans les médias traditionnels a augmenté depuis l'émergence d'Internet, selon le résultat d'un sondage publié samedi par le Centre de recherche Sotomo.

Les quatre cinquièmes de la population sont aussi convaincus que l'importance des mensonges dans les débats politiques a également augmenté. Une tendance favorisée par la diffusion incontrôlée de fausses nouvelles dans les médias et réseaux sociaux.

Cela dit, une personne sur deux interrogées admet aussi que les politiciens d'aujourd'hui mentent en fait plus habilement. L'autre moitié pense plutôt que ce sont les «vérités perçues» ayant pris le pas sur les faits qui expliquent le mieux la déferlante d'infox.

Autre sujet d'inquiétude souligné par l'enquête: un tiers des sondés estiment que les médias traditionnels sont trop faibles pour contrer les fausses nouvelles.

De droite ou de gauche...?

Le sondage observe par ailleurs un clivage gauche-droite lorsqu'il s'agit de savoir qui est à l'origine de la diffusion de fausses nouvelles. Les partisans du PS ou des Verts sont beaucoup plus enclins à blâmer la droite. A l'inverse, la base de l'UDC stigmatise plus volontiers la gauche. Les électeurs du centre (PDC et Vert'libéraux) considèrent, eux, que le spectre politique de droite est le plus responsable en matière de «fake news», selon le sondage.

Mais au final, deux tiers des sondés, tous partis confondus, pensent que tant les milieux de gauche que ceux de droite sont à l'origine d'infox.

Plus globalement, une majorité de la population suisse est d'avis que la diffusion de fausses nouvelles est devenue une menace pour la démocratie et la cohésion sociale.

Pour les deux tiers des personnes interrogées, la Suisse, malgré sa démocratie directe, est aussi vulnérable que n'importe quel autre Etat. Et 83% de citoyens estiment que cette évolution négative de l'information a une incidence sur la formation de leur opinion politique.

Service public et éducation à la rescousse

Du point de vue de la population, ce sont avant tout les médias de service public qui doivent freiner la diffusion des fausses nouvelles. Près de 55% considère ces médias comme des «institutions de vérité». Ils sont même 44% à penser que c'est l'Etat qui doit contrer les «fake news». Seule une personne sur trois considère en revanche que les médias privés ont un devoir en la matière.

Comme remèdes à ces fausses nouvelles, les deux tiers des sondés souhaitent d'abord miser sur l'enseignement scolaire. Selon eux, il faudrait mettre davantage l'accent sur le traitement et la distinction des sources à l'école.

Environ 40% sont sinon en faveur d'un plus grand contrôle des utilisateurs de médias et réseaux sociaux par les fournisseurs. Mais seul un quart environ est pour des restrictions plus sévères voire des mesures d'interdiction.

Sotomo a interrogé 8640 personnes en Suisse pour le compte d'un musée à Lenzbourg (AG). Le sondage en ligne a été effectué du 18 au 30 juillet dernier. Cette enquête est en rapport avec une exposition sur les «fake news», présentée au Stapferhaus de Lenzbourg à partir du 28 octobre. (ats/nxp)

Créé: 06.10.2018, 09h03

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