Les cadres de l'administration soumis à des tests de langue

ConfédérationLe Conseil fédéral veut améliorer la diversité linguistique dans l'administration. Cadres et directeurs seront soumis prochainement à un examen de langues obligatoire.

Selon les chiffres officiels, l'allemand représente en Suisse 63,7%, le français 20,4%, l'italien 6,5% et le Romanche 0,5%. Les autres langues, qui ne sont pas nationales, représentent 9%.


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L'administration fédérale parle allemand et francophones ou italophones doivent s'y plier. Du coup, ces derniers sont nettement moins présents dans les services de la Confédération, contrairement aux souhaits du Conseil fédéral.

Comme l'explique vendredi 29 août le Tages-Anzeiger, les derniers chiffres du personnel montrent que les collaborateurs alémaniques représentent 71,5% des effectifs, soit plus que les 68,5 à 70,5% visés.

Des cadres peu polyglottes

Les chiffres varient fortement par département, comme le montre le graphique ci-dessus. Ce n'est peut-être pas une surprise mais c'est ainsi le Département fédéral de la défense de la protection de la population et des sports (DDPS) d'Ueli Maurer qui emploie le plus de germanophones avec un taux de 76,9%.

Le Conseil fédéral soupçonne également que ses fonctionnaires ne sont donc pas aussi polyglottes qu'ils devraient l'être, et plus spécialement les cadres. «Il est possible que des collaborateurs très qualifiés n'affichent pas (encore) à leur embauche les compétences linguistiques nécessaires», souligne le gouvernement.

Pas de cours obligatoires

Le Conseil fédéral entend donc y remédier. Tout d'abord, les chefs de service ne pourront plus invoquer leur ignorance linguistique. «Pour les cadres supérieurs et intermédiaires avec fonction de direction, un test de langues sera obligatoire», explique Nicoletta Mariolini, déléguée au plurilinguisme au sein de l'administration. Cette mesure entrera en vigueur en 2015.

Selon Nicoletta Mariolini, il s'agit de se faire une idée sur les connaissances dans les langues de travail que sont l'allemand, le français et l'italien. En cas de résultats insuffisants, des progrès de la part des fonctionnaires sont attendus, même s'il n'est pas encore prévu de rendre obligatoire les cours de langues déjà offerts par l'administration.

Les employés sans responsabilité de direction n'auront pas l'obligation de passer ce test mais ils devront estimer leur niveau dans une déclaration.

Rôle croissant dans le recrutement

Le Conseil fédéral veut avoir une idée plus précise de ce qui se parle dans l'administration. Si les données existent par département, celles-ci seront affinées dès 2015 puisque chaque office fédéral sera également scanné.

Ces objectifs ne sont pour le moment pas contraignants et les fonctionnaires monolingues ne risquent aucune sanction. Mais sur le long terme, la question linguistique jouera un rôle croissant dans le recrutement, avec de nouvelles règles pour les ressources humaines des départements, ajoute Nicoletta Mariolini.

Ces aménagements interviennent en plein débat sur la place des langues à l'école primaire, avec tous les risques que cela comporte. «Sur le long terme, il sera impossible de renforcer le plurilinguisme de l'administration si les enfants ne reçoivent à l'école pas suffisamment d'enseignement des langues nationales», prévient la déléguée. (nxp)

Créé: 29.08.2014, 11h11

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Nicoletta Mariolini, déléguée au plurilinguisme au sein de l'administration (Image: Keystone )

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