Le mineur qui a tué Dylan, 17 ans, écope d’un an de prison ferme

JusticeLe Tribunal des mineurs a condamné, mercredi, le jeune agresseur à la peine maximale pour avoir donné un coup-de-poing fatal en 2014 à Yverdon.

Ce 25 janvier 2014, une marche avait rendu hommage à Dylan. Ici sur la place Bel-Air où il a été agressé.

Ce 25 janvier 2014, une marche avait rendu hommage à Dylan. Ici sur la place Bel-Air où il a été agressé. Image: Olivier Allenspach

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Dylan a reçu un seul coup de poing. Par surprise. Puis il est tombé à terre, sa tête frappant le bitume de la place Bel-Air d’Yverdon. Dylan, 17 ans, ne s’est jamais relevé. Ce 16 janvier 2014, il n’y a pas eu d’altercation ni de bagarre. Juste la violence gratuite d’un mineur qui a stoppé net le destin d’un jeune apprenti cuisinier.

Plus de deux ans après le drame, le Tribunal des mineurs du canton de Vaud a condamné, mercredi, l’agresseur principal de Dylan à la peine maximale prévue par la loi (lire ci-contre). Agé de 15 ans au moment des faits, le jeune Suisse écope de 1 an de prison ferme. La peine est assortie d’un traitement ambulatoire.

Ce drame avait suscité une immense vague de soutien à la famille de Dylan. Ce jeune homme en deuxième année d’apprentissage dans un restaurant de la vieille ville était décrit comme un garçon sans histoire. Domicilié dans un village de la région, il dormait parfois chez son père à Yverdon. Les nombreux témoignages de ses amis le décrivaient comme un amoureux de la nature, de la pêche, de la cueillette de champignons ou encore de la pétanque. L’émotion provoquée par la mort du jeune homme avait aussi fait resurgir la colère. La colère de voir Yverdon à nouveau au cœur de la violence alors que, dix ans auparavant, Michaël, 18 ans, avait été poignardé non loin de là par d’autres mineurs.

Cogner des gens au hasard

Et la condamnation prononcée mercredi en dit long. L’agresseur de Dylan a été jugé coupable d’homicide par négligence. Mais aussi de lésions corporelles graves, de lésions corporelles simples, d’agression, de violence ou menace contre les autorités ou les fonctionnaires, et enfin d’infraction à la loi fédérale sur les armes. Une longue ardoise pour un jeune homme pincé à seulement 15 ans.

Juste après l’agression, certains prétendaient que Dylan avait été frappé parce qu’il portait une veste de la marque Lonsdale. La griffe dont certains néonazis ont fait un signe de ralliement. La mère de Dylan a toujours réfuté que son fils par­ta­geait de tels idéaux d’extrême droite. L’enquête de la police et désormais le verdict du Tribunal des mineurs démontrent surtout que l’agresseur de Dylan, à l’époque en première année d’apprentissage de mécanique de précision, faisait partie d’une bande de jeunes qui cognaient au hasard de leur chemin.

Interrogés par la police, ils avaient avoué leur sordide méthode. Ils s’échangeaient des messages électroniques pour organiser des descentes en pleine rue. Le but: frapper gratuitement et par surprise des passants. A l’époque des faits, la police avait précisé qu’un copain de l’agresseur l’avait incité à frapper Dylan. Après l’attaque, le jeune cogneur avait pris la fuite, puis s’était rendu à la police quelques heures plus tard accompagné de sa sœur.

Seize jeunes condamnés

L’enquête a révélé ainsi 37 agressions de victimes majeures et mineures, domiciliées dans le Nord vaudois. Seize jeunes, âgés de 14 ans à 18 ans, ont été jugés par le Tribunal des mineurs au cours de ces derniers mois. Tous les auteurs principaux qui avaient plus de 15 ans ont écopé de peines privatives de liberté. (TDG)

Créé: 05.05.2016, 20h59

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Marche Blanche pour Dylan

Marche Blanche pour Dylan Des centaines de personnes ont défilé à Yverdon en mémoire du drame qui a coûté la vie au jeune Vaudois.

La prison est l'ultima ratio

L’éducation et la protection des jeunes constituent le fondement du droit des mineurs. Cette loi s’applique à quiconque a commis un acte punissable entre 10 ans et 18 ans. Les mesures, telles qu’un placement ou un traitement, sont souvent privilégiées. La privation de liberté est donc l’ultima ratio. Dès 15 ans au moment de l’acte, une peine de prison jusqu’à 1 an peut être ordonnée. Dès 16 ans et pour les cas graves, la peine de prison peut aller jusqu’à 4 ans.

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