Le loup fait du bien aux forêts suisses

Canton des Grisons À l'image de la meute du Calanda, le loup permet aux jeunes arbres de se développer en régulant la population de cerfs et de chevreuils.

Depuis l'arrivée de la meute du Calanda, la population de cerfs a été réduite d'un tiers dans la région. (Dimanche 10 septembre 2017)

Depuis l'arrivée de la meute du Calanda, la population de cerfs a été réduite d'un tiers dans la région. (Dimanche 10 septembre 2017) Image: Archives/Keystone

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La présence du loup en Suisse est un bienfait pour la santé des forêts protectrices. Les gardes forestiers en sont convaincus. La meute du massif du Calanda, près de Coire, joue un rôle de régulateur des populations de cerfs et de chevreuils. Résultat: les arbres les plus jeunes peuvent se développer au lieu de se faire dévorer.

Aujourd'hui, la surpopulation de cerfs et de chevreuils menace les forêts. Les jeunes arbres meurent à force de se faire brouter. Les forêts vieillissent et risquent de perdre de leur stabilité. En montagne, cette évolution est particulièrement problématique en raison de leur rôle protecteur en cas d'avalanches, éboulements et glissements de terrain.

Surpopulation de cerfs

Dans les Grisons, les forêts protectrices représentent 60% de la surface boisée. Elles souffrent: «La situation n'est pas tolérable à long terme», explique à l'ats Reto Hefti, directeur de l'Office cantonal de la forêt et des dangers naturels. 21% des forêts protectrices connaissent des problèmes de renouvellement. Leur fonction protectrice risque d'être menacée à long terme.

En 2000, la population de cerfs était estimée à 12'600 individus dans le canton. Ce chiffre a grimpé à 14'000 en 2011 et à 16'500 au printemps dernier. Chez les chevreuils, la courbe est sans doute semblable, même si leur population ne fait l'objet d'aucune estimation. Les hivers doux des dernières années ont contribué à cette évolution.

Nette diminution au Calanda

La région du Calanda, située à la frontière entre les Grisons et le canton de St-Gall, fait toutefois exception à cette tendance. La meute de loups qui s'y est installée en 2011 - la première en Suisse depuis la réintroduction du canidé - n'y est pas étrangère.

Depuis l'arrivée de la meute, la population de cerfs a été réduite d'un tiers sur les territoires conquis par les loups, alors qu'elle a progressé de 18% dans le reste du canton. Chevreuils et chamois sont aussi concernés par ce recul, mais dans une moindre mesure. Dans l'ensemble, la meute dévore 300 cerfs, chevreuils et chamois par année.

Vérifier l'impact de cette hécatombe sur le renouvellement de la forêt n'est pas encore possible sur un plan statistique, tempère le garde-chasse cantonal. L'évolution de la forêt est plus lente que celle de l'homme ou des animaux. L'influence positive du loup sera en revanche confirmée scientifiquement dans quelques années, estime Reto Hefti. L'impact du retour du lynx l'est d'ores et déjà.

Soutien des gardes forestiers

Il y a cinq ans, la Société forestière suisse (SFS) avait déjà exigé que le retour naturel du loup et son installation sur une surface accrue du pays soient tolérés. «Là où le lynx et le loup sont régulièrement présents, on constate moins de dégâts subis dans le renouvellement de la forêt», soulignait alors la SFS.

Les autorités grisonnes abondent dans le même sens. Elles ont mis en consultation un nouveau plan de développement de la forêt. «Les grands prédateurs sont les bienvenus, d'un point de vue sylvicole», écrit l'Office cantonal des forêts. Le texte salue explicitement l'extension de leur présence à des zones encore non occupées du canton.

Cette présence ne permettra pas seulement de réduire la surpopulation du gibier, mais aussi de mieux le répartir dans la forêt. Et si le gibier se déplace davantage, les dégâts liés à leur broutage seront aussi moins concentrés.

Garde forestier à Tamins (GR), dans la région du Calanda, Mattiu Cathomen considère l'effet positif de la présence du loup comme acquis. «Nous le constatons déjà en forêt», observe-t-il. Les jeunes sapins blancs âgés de 2 à 5 ans y tapent dans l’œil, après s'être faits très discrets ces dernières décennies. (ats/nxp)

Créé: 10.09.2017, 10h35

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