Le lobby des pendulaires veut éliminer le demi-tarif

MobilitéPro Bahn plaide pour la suppression de l’abonnement et une baisse de moitié des tarifs pour tous les voyageurs.

2,5 millions de personnes détiennent un abonnement demi-tarif permettant de voyager à moitié-prix.

2,5 millions de personnes détiennent un abonnement demi-tarif permettant de voyager à moitié-prix. Image: Keystone

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Supprimer l’abonnement demi-tarif et réduire de moitié le prix des billets pour tous les voyageurs. L’idée fait beaucoup parler d’elle depuis que le nouveau responsable voyageurs des CFF, Thomas Häne, a indiqué, jeudi, à la NZZ, qu’il s’agissait d’une solution à examiner.

L’idée réjouit Pro Bahn, qui fustige régulièrement les tarifs trop élevés. L’association de défense des usagers des transports ferroviaires en est persuadée, jeter aux oubliettes le sésame est une voie à suivre pour permettre à tous les pendulaires de voyager à moindres frais.

L’explication tient aux réductions de coûts – vente, marketing ou renouvellement – qu’offrirait une telle mesure. «Des économies massives qui devraient bénéficier aux consommateurs», plaide Karin Blättler, présidente de Pro Bahn. La conseillère nationale Lisa Mazzone (Les Verts/GE), également vice-présidente de l’ATE (Association Transports et Environnement), saluerait elle aussi la disparition du demi-tarif et la baisse de moitié du prix des billets. «L’abonnement demi-tarif fait en quelque sorte office de carte de membre. Si on en a un, on peut voyager en train. Autrement, les prix sont dissuasifs. Beaucoup de gens renoncent au train. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un service public.» L’élue est convaincue que réduire les prix pour l’ensemble des usagers stimulerait la fréquentation. «Cela permettrait aussi aux CFF d’améliorer le remplissage, qui n’est que de 28%, et de concurrencer réellement la voiture.»

Le conseiller national Frédéric Borloz (PLR/VD), membre du conseil d’administration de Transports Publics du Chablais, craint l’inverse. «On se couperait d’une clientèle qui se fidélise grâce au demi-tarif. Le seul effet serait une perte de recettes et une baisse du nombre de voyageurs. Ce n’est pas ainsi qu’il faut inciter les gens à prendre les transports en commun. Quant aux réductions de coûts, elles seraient anecdotiques», estime-t-il.

Un abonnement demi-tarif d’un an coûte 165 francs. Près de 2,5 millions de personnes en détiennent en Suisse. Le sésame a rapporté près de 385 millions de francs aux entreprises de transports publics en 2017. En comparaison, les voyageurs des transports publics dépensent en moyenne 6 milliards de francs par an en billets individuels, abonnements et cartes journalières.

Ueli Stückelberger, directeur de l’UTP, la faîtière des transports publics, concède dans 20 Minuten que voyager sans abonnement coûte cher. Mais supprimer le demi-tarif, «titre de transport très apprécié», n’est pas à l’ordre du jour, indique un porte-parole de l’association ch-direct, qui représente 250 entreprises de transports, dont les CFF. Une éventuelle mesure nécessiterait par ailleurs l’accord de l’ensemble du secteur. (TDG)

Créé: 16.02.2018, 20h47

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