Le débat sur la sexualisation à l'école est relancé

VoteLa droite conservatrice a déposé mardi son initiative populaire pour la «protection contre la sexualisation à l'école maternelle et primaire», munie de 110'000 signatures.

Ces organes sexuels en peluche avaient choqué certains.

Ces organes sexuels en peluche avaient choqué certains. Image: Keystone

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Le débat sur la «sexualisation à l'école» est relancé. La droite conservatrice a déposé mardi son initiative populaire munie de 110'000 signatures. Pour l'ancienne conseillère nationale libérale vaudoise Suzette Sandoz, ce texte a une vertu préventive en Suisse romande, où l'éducation sexuelle est facultative.

L'initiative pour la «protection contre la sexualisation à l'école maternelle et primaire» veut empêcher toute éducation sexuelle à l'école avant que les enfants aient atteint l'âge de neuf ans. Tout au plus, un cours destiné à la prévention des abus peut être dispensé à partir de l'école maternelle.

Un cours obligatoire ne pourrait être proposé que pour des enfants de 12 ans et plus, dans le cadre de la biologie. Il devrait être destiné à la «transmission de savoirs sur la reproduction et le développement humains».

L'initiative précise que les jeunes ne peuvent être contraints de suivre une éducation sexuelle allant au-delà du cadre qu'elle pose.

Distinction

Selon Suzette Sandoz, il faut clairement distinguer trois types d'informations aux enfants. La prévention contre les abus sexuels implique une collaboration entre parents et école. Elle peut être dispensée dès le très jeune âge, car il s'agit de mettre en garde contre un «mal sournois» qui peut aussi survenir dans le milieu familial.

La transmission scientifique peut être obligatoire car elle correspond au rôle spécifique de l'école. Tout est différent avec l'éducation sexuelle qui concerne des valeurs et relève prioritairement du devoir parental. L'école peut alors aider les parents s'ils le désirent.

Théorie du complot

A l'origine de l'initiative, on trouve un groupe de parents de Bâle-Ville qui a fait croisade contre une boîte d'accessoires pédagogiques contenant des organes sexuels en peluche.

Le comité d'initiative s'en prend aussi à l'Office fédéral de la santé publique, accusé, sous couvert de prévention du sida, de vouloir introduire des cours obligatoires d'éducation sexuelle dès l'école enfantine.

Or «un enfant de quatre ans ne doit pas être obligé d'apprendre la différence entre hétérosexuel, gay, lesbienne et bisexuel!», s'est indigné le conseiller national Sebastian Frehner (UDC/BS), qui estime que l'initiative est un «compromis modéré».

Les initiants ne versent pas dans les théories du complot: il s'agit de parents qui se demandent pourquoi des experts étatiques veulent à tout prix imposer une éducation sexuelle «émancipatoire» à l'école, s'est défendue au nom du comité Ulrike Walke. Et d'affirmer qu'on contraint les enfants à faire ce qu'ils ne veulent pas.

Pas confiance en l'Etat

L'initiante refuse de voir l'Etat lui dire qu'il peut mieux élever ses enfants qu'elle. Et de prendre l'exemple des enfants placés comme main-d’œuvre dans des familles paysannes pour affirmer que les experts étatiques ne sont pas une référence.

D'après Suzette Sandoz, l'initiative n'empiète pas sur la souveraineté cantonale car elle ne fait qu'expliciter le contenu d'un droit fondamental. Son entrée en vigueur ne posera pas de problème non plus car les programmes scolaires ne seront pas modifiés du jour au lendemain.

On retrouve plusieurs élus fédéraux, actuels ou anciens, dans le comité. Ils sont notamment issus des rangs de l'UDC. Le Jurassien Dominique Baettig et le Valaisan Oskar Freysinger ainsi que la députée vaudoise Fabienne Despot sont ainsi de la partie. Des léguistes, des PDC et des PLR figurent aussi au sein du comité.

Une première tentative d'initiative avait avorté, à cause du passé pédophile d'un des membres du comité. Trois jours après le lancement en avril 2012, les initiants ont découvert que Benjamin Spühler a été condamné pour actes sexuels sur mineure dans les années 1990. A la demande des autres membres, il a immédiatement quitté le comité.

(ats/nxp)

Créé: 17.12.2013, 17h50

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