Le PIB a fait mieux que prévu au 3e trimestre

SuisseAvec une croissance de 0,4%, la performance trimestrielle de l'économie helvétique s'est révélée supérieure aux attentes des économistes.

Le secteur énergétique a enregistré la plus forte croissance de son histoire en Suisse.

Le secteur énergétique a enregistré la plus forte croissance de son histoire en Suisse. Image: Keystone

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Si le ralentissement conjoncturel s'est confirmé au 3e trimestre, l'économie helvétique a étonnamment bien tenu le choc. Soutenue en particulier par les exportations de produits chimiques et pharmaceutiques, le produit intérieur brut (PIB) a progressé entre juillet et fin septembre de 0,4%, contre une hausse de 0,3% trois mois auparavant.

En comparaison annuelle, la croissance de l'économie helvétique s'est inscrite au 3e trimestre à 1,1%, contre 0,2% trois mois auparavant et 0,9% au 1er trimestre, ressort-il des données dévoilées jeudi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). Corrigé des événements sportifs, le PIB a gagné 0,4% en rythme séquentiel et 1,5% en comparaison annuelle.

La performance trimestrielle de l'économie helvétique s'est révélée supérieure aux attentes des économistes. Sondés par l'agence AWP, les prévisionnistes avaient anticipé une progression du PIB entre 0,0% et 0,2% en variation trimestrielle et entre 0,6 et 1% en comparaison annuelle.

Outre la vigoureuse hausse des livraisons de produits chimiques et pharmaceutiques, un secteur traditionnellement moins sensible aux soubresauts de la conjoncture, les services du conseiller fédéral Guy Parmelin expliquent aussi l'évolution enregistrée entre juillet et fin septembre par la solide performance du secteur énergétique. Reflet de conditions météorologiques favorables, ce dernier a affiché la plus forte croissance de son histoire (+8,2%), qui s'est traduite par une vigoureuse expansion des exportations de courant.

Industrie des machines dans le dur

La croissance de l'industrie manufacturière s'est ainsi fixée à 1,2% en variation trimestrielle, maintenant le rythme des trimestres précédents. Mais les autres branches industrielles plus sensibles à la conjoncture, comme celles des machines et des métaux, ont subi un nouveau un recul de leurs exportations, reflet de l'atonie de l'économie mondiale. Au final, les exportations de marchandises se sont légèrement étoffées (+0,7%), alors que les importations de biens ont elles aussi augmenté (+1,1%).

La demande intérieure a présenté une croissance modérée au 3e trimestre. La consommation des ménages privée (+0,2 %) a quelque peu ralenti au regard des trimestres précédents, alors que les dépenses des collectivités publiques ont marqué une reprise (+0,5%), après un accès de faiblesse entre avril et fin juin.

Les investissements dans la construction (+0,2%) et la valeur ajoutée dans le secteur de la construction (+0,1%) n'ont guère augmenté. En dépit d'un environnement général en demi-teinte, les dépenses pour les biens d'équipement (+0,7%) ont quant à elles compensé le tassement subi trois mois auparavant. Elles ont ainsi renoué avec le niveau affiché il y a deux ans.

Les services ont également souffert de cet environnement général mitigé, note le Seco. La plupart des activités ont au mieux enregistré une croissance modeste de la valeur ajoutée, d'autres essuyant un léger recul. Effet du ralentissement conjoncturel, la branche des prestations pour les entreprises (-0,1%), a subi pour un 2e trimestre consécutif une évolution défavorable.

Repli du secteur financier

Le secteur financier a lui aussi enregistré un recul de la valeur ajoutée (-0,6%). En revanche, le commerce (+0,4%) a renoué avec la croissance après un trimestre dans le rouge, soutenu par le commerce de détail et de gros. Les exportations de services (+1,1%) et leurs importations (+0,9%) ont affiché une croissance moyenne.

Surprenante, la croissance du 3e trimestre représente une nouvelle réjouissante, notent les économistes dans leurs commentaires. Pour la plupart d'entre eux, à l'image de Claude Maurer, de Credit Suisse, la progression, qui demeure modérée hors effets liés aux exportations de produits chimiques et pharmaceutiques, éloigne le spectre d'une récession.

Du côté d'UBS, Alexandre Bee, se montre moins optimiste, notant que la robustesse de la chimie-pharmacie cache les problèmes émergents dans les autres secteurs d'exportation. Au cours des prochains trimestres, ceux-ci auront probablement un effet notable sur l'emploi industriel en particulier. Le prévisionniste voit cependant dans les données du 3e trimestre un signe avant-coureur du redressement anticipé pour la mi-2020.

Si chez Safra Sarasin, Karsten Junius met pour sa part en exergue la faiblesse de la demande intérieure, l'expert juge le rebond des investissements en équipements comme un détail «très réjouissant et important».

En septembre dernier, le Seco avait revu à la baisse ses attentes concernant la conjoncture suisse pour les trimestres à venir. Conséquence d'un contexte international dégradé pénalisant le commerce extérieur helvétique et l'effet des grandes manifestations sportives de 2018, il avait ramené sa prévision à une croissance de 0,8% pour 2019 et de 1,7% pour 2020. (ats/nxp)

Créé: 28.11.2019, 12h20

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