Le Fribourgeois qui avait commandité la mort de son ex risque 12 ans de prison

JusticeLe charpentier accusé d’avoir voulu que sa femme soit jetée d’un barrage admet l’essentiel des faits.

Le barrage de Rossens (FR), du haut duquel l’accusé avait voulu faire précipiter son épouse, en faisant appel à un ex-employé.

Le barrage de Rossens (FR), du haut duquel l’accusé avait voulu faire précipiter son épouse, en faisant appel à un ex-employé. Image: DR

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«S’il ne l’avait pas demandé à cet homme-là, je ne serais plus là aujour­d’hui pour en parler. Ça m’est insupportable d’admettre que ça s’est joué à si peu…» Mardi devant le Tribunal de Fribourg, Fabienne* (30 ans) a livré un témoignage à la fois digne et terrifiant dans le cadre du procès de son futur ex-mari. Jérôme*, un charpentier de 35 ans, est accusé de tentative d’instigation à assassinat pour avoir commandité, début 2018, la mort de celle qui l’avait quitté un peu plus de six mois auparavant.

Nous dévoilions lundi les dessous de ce crime manqué hors du commun. Pawel*, ouvrier polonais au sein de l’entreprise du couple entre 2016 et 2017, avait reçu de son ancien patron le mandat d’éliminer la mère de ses trois enfants en la jetant «d’un pont ou d’un barrage». En l’occurrence, celui de Rossens (83 m de haut, au nord du lac de la Gruyère), à quelques kilomètres de leurs domiciles respectifs. Et ce afin de faire passer l’homicide pour un suicide. Le tout en échange de 10'000 fr. et de la Mini Cooper qu’il avait offerte à sa femme. Approché à plusieurs reprises durant trois mois, l’employé avait fini par dénoncer Jérôme aux autorités le 4 mai 2018, soit trois jours avant l’ultime date butoir. Le père de famille est incarcéré depuis cette date.

«Ce soir-là, il était prévu qu’il vienne souper à la maison avec les enfants…» a poursuivi Fabienne, en réponse aux questions du tribunal. Quelques mois plus tôt, le couple s’était entendu pour que leur fils et leurs deux filles soient gardés en alternance par chacun des parents. Depuis leur séparation, intervenue en juillet 2017, les époux avaient même continué à se voir régulièrement sous la forme de balades, de repas ou même de vacances en Italie en fin d’été ou à Europa-Park l’automne – pour le bien de leurs enfants.

«Profond désarroi»

Ce dernier séjour récréatif avait eu lieu quelques semaines après que le charpentier a surpris la jeune femme en pleins ébats avec un autre homme, dans sa voiture garée sur un parking. Une soirée durant laquelle le trentenaire, fou de rage, l’avait blessée en l’emmenant de force à son atelier et en la couchant sur un tas de panneaux en bois. «Les moments que je passais en famille, je pouvais respirer, ne plus penser à tout ça», a déclaré pour sa part Jérôme en réponse à la question de savoir s’il avait sans cesse ce mandat criminel à l’esprit lors de ces sorties de début 2018, période durant laquelle sa relation avec Fabienne était paradoxalement en train de s’améliorer. Et de compléter, glaçant l’assistance: «Il y avait une possibilité pour que cela (ndlr: le plan funeste) puisse se passer, mais sans certitude (…) Je le voyais comme un arrangement pour apaiser ma souffrance.»

Le procureur Jean-Luc Mooser a requis une peine de 12 ans de prison, fustigeant un charpentier à l’égoïsme «maladif», à la lâcheté «sournoise» et à la détermination «terrifiante». Avocat du charpentier, Me Olivier Carrel a plaidé la qualification de la tentative d’instigation au meurtre, passible de quelques années de détention, ainsi qu’une atténuation de peine compte tenu du «profond désarroi» dans lequel se serait trouvé son client au moment des faits. Verdict mardi prochain.

Créé: 18.06.2019, 22h05

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