La justice met la main sur un promoteur prévenu d'escroquerie

ImmobilierA.E. a été arrêté mercredi soir à Genève. Poursuivi par de nombreux créanciers, il fait l'objet d'une lourde procédure pénale.

L'une des villas d'exception dont A.E. a fait la promotion en Suisse. Ses goûts de luxe ont le don d'agacer les créanciers du promoteur.

L'une des villas d'exception dont A.E. a fait la promotion en Suisse. Ses goûts de luxe ont le don d'agacer les créanciers du promoteur. Image: DR

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A.E. a été arrêté mercredi soir à l’aéroport de Genève. Ce professionnel de l’immobilier de luxe était dans le collimateur de la justice depuis plusieurs mois, comme nous le révélions le 24 février dernier. Escroquerie, faux dans les titres, gestion déloyale, banqueroute frauduleuse, soustraction fiscale: une lourde procédure pénale est ouverte à son encontre, à la suite du dépôt de plusieurs plaintes.

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Porte-parole du Ministère public genevois, Henri Della Casa confirme l’interpellation du prévenu. Son audition est en cours. La procureure en charge du dossier, Josepha Wohnrau, devra décider d’ici vendredi soir si elle requiert la mise en détention provisoire du prévenu par le Tribunal des mesures de contrainte.

Selon notre enquête, de nombreux créanciers d’A.E. sont à ses trousses. Ce quinquagénaire, actif et France et en Suisse pendant des années, s’est fait un nom en bâtissant de somptueux chalets à Megève. Un business florissant qui semble avoir souffert de la crise financière de 2008. Des artisans affirment ne plus avoir été payés, tandis qu’A.E. jouait de son charisme pour emprunter de l’argent à tout va. Palaces, grandes tables et voitures de luxe: l’homme a la réputation de ne rien se refuser. «Au lieu de rembourser ses créanciers, il a préféré financer son train de vie sans limites», raconte un riche résident de La Côte, à qui A.E. doit près de 3 millions de francs.

Des millions envolés

En Suisse, le promoteur a été domicilié à Genève et à Porrentruy (JU). Il a notamment participé au désastre de l’Inalp, un complexe hôtelier et immobilier resté inachevé à Grimentz (VS). En 2012, il a lancé un fonds d’investissement dans l’immobilier chic pour tenter de valoriser diverses propriétés dans le monde entier. Sûr de lui, A.E. faisait miroiter de juteux rendements à ses interlocuteurs. Mais ce fonds, basé au Luxembourg, a été déclaré en faillite en 2014. Tout comme sa principale société, à Genève, qui a laissé un trou de quelque 16 millions de francs.

Un extrait de l’Office des poursuites de Genève, daté de fin février, fait était de créances à son nom pour 54 millions de francs. Trois grandes banques y sont mentionnées. Mais l’intéressé se disait «on ne peut plus serein», voici quelques semaines encore, à l’idée d’affronter la justice genevoise. Il assurait avoir lui-même perdu 55 millions dans le naufrage du fonds luxembourgeois. «Vingt ans de travail partis en fumée», selon ce père de famille.

Désormais installé à Londres, A.E. réfute les allégations quant à sa vie de nabab. «Je ne possède plus rien.» Il n’aurait ainsi plus les moyens de faire de la promotion immobilière, se contentant de proposer ses talents de designer. (TDG)

Créé: 30.03.2017, 16h21

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