L'UDC s'en prend aux frontaliers

SuisseLe parti agrarien tient son assemblée samedi dans le canton de Neuchâtel. Il veut limiter l'accès aux indemnités de chômage.

Albert Rösti préside l'UDC depuis le 23 avril 2016.

Albert Rösti préside l'UDC depuis le 23 avril 2016. Image: Keystone

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L'UDC invite ses groupes parlementaires cantonaux à lancer des initiatives exigeant que la Suisse ne verse pas d'indemnités de chômage aux frontaliers étrangers. Le parti souhaite ainsi empêcher la Suisse de se conformer au nouveau mécanisme européen de dédommagement des frontaliers chômeurs.

Ce nouveau mécanisme, accepté jeudi par les ministres des affaires sociales de l'Union européenne (UE), exige que les prestations de l'assurance chômage soient à l'avenir prises en compte par le pays où la personne travaille. Actuellement, c'est le pays de résidence qui prend en charge ces prestations. Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) fait toutefois valoir que la Suisse n'est pas tenue de reprendre ces règles.

«Il ne serait pas tolérable que les Suisses doivent payer en plus des indemnités de chômage pour les frontaliers», considère samedi l'UDC dans un communiqué. Pour le parti bourgeois, «les coûts résultant de l'immigration de masse (...) sont déjà beaucoup trop élevés».

Pour entrer en vigueur, l'accord des ministres des affaires sociales de l'UE doit encore franchir l'écueil du Parlement européen. Les eurodéputés devront ensuite trouver un compromis avec les Etats membres pour permettre l'adoption définitive du texte.

«Plusieurs centaines de millions»

La Suisse devra ensuite se demander si elle veut reprendre ces dispositions. En souhaitant des initiatives cantonales, l'UDC attend des groupes parlementaires cantonaux, notamment de ceux des cantons frontaliers, «qu'ils lancent des initiatives pour faire pression sur la Confédération».

Le parti relaie ainsi une proposition de ses sections genevoise et tessinoise. Son comité a pris cette décision vendredi soir, en prélude à l'assemblée des délégués de samedi.

L'introduction de ce mécanisme pourrait avoir des conséquences financières importantes pour la Suisse. Avec 320'000 travailleurs frontaliers, Berne verrait sa facture grimper de plusieurs centaines de millions de francs, a expliqué mardi Cornelia Lüthy, sous-directrice du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM).

Albert Rösti plaide pour l'autodétermination

Le président de l'UDC Suisse, Albert Rösti, a plaidé samedi aux Bugnenets (NE) devant les délégués du parti pour l'initiative pour l'autodétermination, qui prévoit la primauté du droit suisse sur le droit international. Selon le Bernois, dire «oui» à ce texte, c'est dire «oui à la démocratie directe».

L'initiative «ne menace pas les droits de l'homme», a expliqué le conseiller national. Car elle exclut le droit international impératif, soit en particulier l'interdiction de la torture, du génocide, de guerres d'agression, de l'esclavage et du renvoi dans un pays d'une personne menacée de mort.

Albert Rösti a ajouté que l'initiative pour l'autodétermination ne menace pas 600 accords internationaux. Car le Conseil fédéral a toujours l'obligation de vérifier la constitutionnalité avant de conclure un traité d'Etat.

«L'UDC s'engagera de toutes ses forces pour la sauvegarde de l'autodétermination de la Suisse, car la liberté est le bien le plus précieux», a ajouté le président du parti agrarien.

L'initiative populaire «Le droit suisse au lieu de juges étrangers» ou pour l'autodétermination, sera soumise en votation en novembre. Le Conseil fédéral et le Parlement y sont opposés. (ats/nxp)

Créé: 23.06.2018, 13h17

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