Greenpeace proteste contre Credit Suisse

SuisseLa directrice générale de Greenpeace Suisse reproche à Credit Suisse sa surveillance supposée de l'organisation écologiste. Dans un communiqué publié ce jeudi, elle appelle la banque à assumer ses responsabilités en matière de climat.

La directrice générale de la branche suisse de Greenpeace considère l'espionnage mené par Credit Suisse comme étant «particulièrement condamnable». (Photo d'illustration)

La directrice générale de la branche suisse de Greenpeace considère l'espionnage mené par Credit Suisse comme étant «particulièrement condamnable». (Photo d'illustration) Image: Keystone

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Greenpeace a protesté jeudi contre sa surveillance supposée par Credit Suisse après des révélations dans la presse dominicale affirmant que l'ONG aurait été infiltrée, marquant un nouveau rebondissement dans l'affaire des filatures qui secoue la banque depuis septembre.

«Espionner des organisations et des personnes qui émettent des critiques est particulièrement condamnable», a déclaré Iris Menn, la directrice générale de la branche suisse de l'organisation écologiste Greenpeace, citée dans un communiqué.

«Nous appelons Credit Suisse à assumer ses responsabilités en matière de climat au lieu de s'opposer au mouvement climatique», a-t-elle ajouté, appelant au passage la banque à mettre un terme à ses activités avec des entreprises liées au charbon, aux sables bitumineux et aux autres formes d'hydrocarbures non-conventionnels.

Scandale à rebondissements

La banque suisse est éclaboussée depuis plusieurs mois par un scandale à rebondissements concernant la surveillance d'anciens collaborateurs de haut rang.

L'affaire avait débuté fin septembre lorsque des journaux dominicaux avaient révélé que la banque avait fait suivre par des détectives privés son ancien directeur de la gestion internationale de fortune, Iqbal Khan, après son départ inattendu pour rejoindre la banque concurrente UBS.

Alors que les remous enflaient de jour en jour au fil des révélations dans la presse suisse, la banque avait ordonné une enquête interne, confiée à un cabinet d'avocats, et annoncé début octobre la démission avec effet immédiat de Pierre-Olivier, alors directeur opérationnel.

Selon cette enquête, ce cadre considéré comme le bras droit du directeur général de la banque, Tidjane Thiam, avait ordonné de sa propre initiative la filature, sans en référer à sa hiérarchie, avec pour objectif de protéger les intérêts de la banque.

En ordonnant cette filature, il avait voulu s'assurer qu'Iqbal Khan ne cherchait pas à convaincre des membres de son équipe de le rejoindre à la concurrence.

Il n'en avait discuté ni avec le directeur général, ni avec aucun membre du conseil d'administration, d'après l'enquête.

L'affaire a toutefois connu un nouveau rebondissement en décembre, lorsque la banque avait reconnu un second cas d'espionnage, concernant cette fois l'ancien directeur des ressources humaines.

Organiser la riposte

Dimanche, le SonntagsZeitung a affirmé que l'ancien directeur des opérations avait également fait infiltrer Greenpeace pour tenter d'obtenir la liste des actions prévues et permettre à la banque d'organiser la riposte.

En 2017, l'organisation écologiste avait pris la banque par surprise durant son assemblée générale. Des militants s'étaient introduits dans le bâtiment et avaient déployé une large banderole pour protester contre un projet d'oléoduc controversé aux Etats-Unis au moment où le directeur général débutait sa présentation des comptes annuels.

La banque est sous pression depuis ces nouvelles révélations dans la presse dominicale, alimentant depuis les rumeurs quant au sort qui pourrait attendre ses dirigeants.

En décembre, la Finma, l'autorité de surveillance en Suisse, avait nommé un chargé d'audit pour clarifier des questions de gouvernance dans cette affaire dite des filatures de Credit Suisse. (afp/nxp)

Créé: 06.02.2020, 18h21

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