Éleveurs taxés sur les vaches portantes envoyées à l'abattoir

Bien-être animalTrop de génisses en gestation sont abattues en Suisse. Les propriétaires devront passer à la caisse à partir de l'an prochain.

Proviande veut limiter la quantité de génisses portantes envoyées à l'abattoir (image d'illustration).

Proviande veut limiter la quantité de génisses portantes envoyées à l'abattoir (image d'illustration). Image: Keystone

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Les éleveurs qui abattront une génisse en gestation se verront infliger une taxe de 100 fr. par tête. Proviande, l’interprofession suisse de la filière viande, entend renforcer la prévention avec cette mesure. Cette dernière entrera en vigueur le 1er janvier 2020, a annoncé la faîtière ce mercredi. Des premières dispositions incitatives avaient été prises en 2017 car Proviande reconnaissait que ces abattages étaient sujets à controverse. La faîtière avait ainsi constaté que seuls 30% des propriétaires de bovins établissaient un examen de gestation avant de vendre leurs animaux.

La situation ne s'est pas suffisamment améliorée depuis, d'où l'instauration d'une taxe. Celle-ci sera perçue par les abattoirs en cas d'abattage non justifié. Cette justification avait été précisée il y a deux ans. «Les animaux en gestation ne peuvent être abattus que dans des situations exceptionnelles inévitables et en cas d’urgence (accident, maladie incurable)», détaille Proviande.

Les propriétaires de bovins devront donc mieux s'assurer qu'ils n'envoient pas de bêtes portantes à l'abattoir. Pour cela, ils seront désormais obligés d'annoncer une gestation sur le document de transport de l'animal. Jusqu'à présent, ils n'y étaient qu'incités. Les éleveurs devront le faire «pour les génisses à partir de 18 mois et les vaches dont la dernière mise bas remonte à plus de cinq mois». Cette information technique doit «aider les détenteurs d’animaux à assumer leur responsabilité éthique pour le bien-être et la protection des vaches et des jeunes bêtes», d’après Proviande.

Pour les antispécistes, la taxe va dans le bon sens mais la précaution est de mise. «Cela montre que la question de l'exploitation animale et des problèmes qu'elle pose sont devenus des sujets incontournables. On peut toutefois s'interroger sur l'opportunisme de cette mesure», réagit Pia Shazar, porte-parole de Pour l'égalité animale (PEA).

Créé: 26.11.2019, 19h38

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