Des migrants se forment dans la santé

Monde du travailLe projet Sésame aide 114 réfugiés et 62 personnes admises à titre provisoire à devenir auxiliaires de santé. Le point à mi-parcours.

Image: Keystone

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Comment intégrer les migrants au monde du travail? Un projet de la Croix-Rouge Suisse (CRS) et du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), nommé Sésame, a été lancé en 2015 pour leur permettre de suivre une formation d’auxiliaire de santé CRS. L’idée principale est de leur fournir un soutien particulier afin qu’ils obtiennent leur certificat.

Le programme est cofinancé par la Confédération à hauteur d’un million de francs jusqu’en 2018. Jusqu’à présent, près de 20 associations cantonales de la Croix-Rouge se sont impliquées. En Suisse latine, le Jura, le Valais et le Tessin participent. 360 personnes profitent déjà de ce soutien, dont 114 réfugiés et 62 personnes admises à titre provisoire. Les personnes ayant des difficultés d'apprentissage et des manques dans la langue ont la possibilité de suivre le programme. Et si le public cible est celui des migrants, des Suisses le peuvent également. La Croix-Rouge Suisse fait le point ce lundi. Christine Joray (photo ci-dessous), cheffe de projet Sésame, répond à nos questions.

Le projet a débuté en 2015. Que s’est-il passé depuis?

Nous avons commencé par informer les différentes associations cantonales de la Croix-Rouge. Il a fallu mettre en place les cours et expliquer le projet à des organisations comme Curaviva (ndlr: pour les homes) ou Spitex (ndlr: pour les soins à domicile) afin que les personnes formées puissent trouver du travail.

Comment le programme se concrétise-t-il?

Cela dépend d’une association cantonale de la Croix-Rouge à une autre. La mesure la plus demandée est celle de l’apprentissage de la langue. Pour entamer la formation d’auxiliaire de santé en tant que telle, il faut en effet posséder un niveau de langue de niveau B1 (ndlr: cette formation dure 120 heures, elle est validée par un contrôle des acquis et suivie d’un stage de 12 jours soumis à évaluation). Dans certains cantons, des bénévoles fournissent ce soutien. Dans d’autres, ce sont des professionnels.

Des migrants ont-ils déjà été formés?

Certains cantons, comme le Valais, avaient déjà des mesures de ce type. Dans le cadre du projet Sésame à proprement parler, les formations ont commencé en 2017. Dans le canton de Berne, par exemple, l’objectif est de la terminer en un an. Au final, la formation d’auxiliaire de santé est la même pour tous: avec ces migrants, le travail se fait en amont.

Quel est le profil des participants?

La formation d’auxiliaire de santé est en général suivie par des personnes âgées de 30 à 50 ans, qui ont un bagage de vie et souvent une autre formation. Dans ce cas, il y a beaucoup d’Erythréens, essentiellement des femmes.

Avez-vous dû refuser beaucoup de monde?

Pour les migrants, cette offre est une chance. Avant de les intégrer au programme, leurs compétences sont testées. Ils doivent aussi avoir un intérêt pour cette profession. Il y a donc bel et bien une sélection. A Berne, par exemple, environ un quart des candidats ont été refusés.

Quelles sont les principales difficultés d’un tel projet?

Pour nos associations cantonales, c’est l’hétérogénéité des participants, qui viennent de cultures différentes et ont des niveaux de langue divers. Il a fallu mettre en place des mesures individuelles. Cela demande du temps et un grand investissement. Les associations ont aussi beaucoup collaboré entre elles. Quant on travaille ainsi dans le concret et l’utile, on obtient des résultats. Mais c’est un challenge pour tous, y compris pour les participants.

Que se passera-t-il après 2018?

Les associations cantonales continueront de développer le projet. Les gros investissements ont été faits: une fois que le programme est en marche, davantage de synergies sont possibles. Cette année, nous allons encore développer quatre mesures nationales (récolte de données auprès des personnes qui ont achevé la formation d’auxiliaire de santé, cours sur la transculturalité et sur le système de santé en Suisse à l’intention des formateurs, développement de scénarios pour enseigner les langues dans les domaines liés à la santé). (TDG)

Créé: 09.05.2017, 09h54

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