De nouveaux prix romands veulent susciter des vocations

LittératureTrois concours ouverts en ce moment distingueront des textes inédits dans les domaines de la poésie, de la science-fiction et du polar. Passage en revue.

Trois nouveaux concours veulent encourager de nouveaux talents en Suisse romande.

Trois nouveaux concours veulent encourager de nouveaux talents en Suisse romande. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Alors même que les prix littéraires se sont multipliés ces dernières années en Suisse romande, les concours dédiés à la création de textes par de jeunes talents font aussi des petits.

Trois compétitions ouvertes en ce moment viennent s’ajouter à des événements bien installés comme le Prix interrégional jeunes auteurs (Pija), le Prix George-Nicole ou encore le Prix de la Sorge, réservé à la communauté de l’UNIL.

Poésie, science-fiction et polar, les nouveaux venus se posent dans des styles très différents. Avec toutefois l’exigence commune de recevoir des productions inédites. La démarche se distingue ainsi clairement des prix littéraires, qui honorent des ouvrages déjà publiés.

«La poésie se transmet parce qu'on la dit»
Le concours de poésie La Feuille de Chêne, qui vit son deuxième appel à candidatures, est né d’une envie de Daniel Laufer, membre du conseil de la Fondation Marcel Regamey à Lausanne: «La Fondation donne de l’argent pour divers projets, mais il m’a aussi paru important de susciter des créations.»

Pour ce passionné de poésie classique, l’objet du concours était tout trouvé. Il constitue un comité de lecture formé d’experts, avec Philippe Jaccottet comme président d’honneur. Particularité: les textes doivent être, pour partie au moins, rédigés en vers réguliers classiques. «Il me semble que la poésie ne se transmet que parce qu’on la dit, or il faut pour cela qu’elle ait un rythme et une rime», argumente Daniel Laufer. Une conception de l’art poétique très différente de ce que propose le Printemps de la poésie, qui éclora en Suisse romande du 12 au 24 mars.

Du côté des 34 participants à la première édition du concours, en 2017, figuraient une dizaine de candidatures de haut niveau. «Il y a peu de gens qui sont capables d’écrire un sonnet correctement. Cela montre que nous avons eu raison de maintenir cette exigence», remarque Daniel Laufer.

La compétition inaugurale avait sacré deux gagnants ex aequo. Aux côtés du professeur de français fribourgeois Philippe Sudan figurait Edouard de Perrot, psychiatre et psychothérapeute vaudois à la retraite. Daniel Laufer se félicite de cette découverte: «Il a toujours écrit pour son plaisir mais n’a jamais publié de poésie, alors qu’il a beaucoup de talent.»

«Créer un laboratoire»
La Maison d’Ailleurs, à Yverdon, a lancé son Prix de l’Ailleurs en partenariat avec l’Université de Lausanne. «On trouvait intéressant, au vu du positionnement du musée, de réfléchir sur les questions contemporaines liées à la technologie. D’où le thème de cette première édition: l’humanité digitale», détaille son directeur, Marc Atallah. Ce prix est pour lui davantage qu’une incitation à créer: «Nous voulons en faire un laboratoire. Je crois aux vertus d’une réflexion sur la société qui se nourrit d’un autre regard, et la science-fiction nous le permet. C’est pour cela que nous proposons une publication des dix textes les plus intéressants, et non pas seulement du gagnant.»

«Offrir l’accès à un éditeur»
Enfin, Kathleen Malcause, gérante de la librairie Le Crime parfait à Bex, a lancé le concours RomandNoir. Active depuis 13 ans dans l’univers du polar, elle n’a pas attendu sa vogue actuelle en Suisse romande pour s’y intéresser. C’est plutôt une suite logique pour celle qui a toujours trouvé que les romans policiers sont «des livres intelligents. Je suis Bruxelloise, lire Simenon, c’était comme le lait maternel.»

Si le concours arrive maintenant, c’est pour valoriser la belle dynamique née lors du mini-festival de polar BexNoir, qui s’est tenu le 1er décembre dernier et auquel a notamment participé Marc Voltenauer. De la manifestation a émergé l’idée d’un rallye touristique autour du polar qui se déploiera le 16 septembre dans le Chablais. Le nom du lauréat de la première édition du concours y sera dévoilé. Il se verra remettre son livre publié par 180° Éditions lors de la 2e édition de BexNoir, en décembre.

«Il y a une grande vivacité dans le monde du polar, et le plus dur est de trouver un éditeur. Nous avons voulu offrir cette opportunité à un auteur non publié», remarque son instigatrice. Un concours qui n’entre pas en concurrence avec le Prix du polar roman. Remis dans le cadre du festival Lausan’noir pour la première fois en décembre dernier à Joseph Incardona pour Chaleur, il distingue un livre déjà paru. (TDG)

Créé: 26.02.2018, 16h37

Ces jeunes talents révélés par un prix

La Valaisanne Céline Zufferey a gagné deux fois le Prix du jeune écrivain, en 2014 et 2015. Ce concours français récompense des auteurs de 15 à 27 ans de toute la francophonie. Elle a publié en septembre le remarqué et caustique "Sauver les meubles" (Gallimard). (Image: FLORIAN CELLA)

Max Lobe, Camerounais installé à Genève, a gagné en 2009 le Prix de la Sorge pour sa nouvelle Le Baccalauréat. L’écrivain a reçu ensuite le Roman des Romands pour "39 rue de Berne" (Ed. Zoé). Suivront "Trinité bantoue", "Confidences", et en mars sortira "Loin de Douala". (Image: GEORGE CABRERA)

La trentenaire Neuchâteloise Fanny Wobmann a remporté à 18 ans le Prix interrégional jeunes auteurs (Pija). Membre fondateur de l’AJAR, elle s’est distinguée en solo avec son deuxième roman, le délicat et touchant "Nues dans un verre d’eau" (Flammarion). (Image: GEORGES CABRERA)

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