«Chacun peut souffrir de troubles psychiques un jour»

InterviewUne personne sur deux est atteinte dans sa santé mentale au moins une fois dans sa vie. Un site veut lutter contre cet enjeu de santé publique.

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Une personne sur deux est atteinte dans sa santé mentale au moins une fois dans sa vie, et 17% de la population souffre d’un ou de plusieurs troubles psychiques. Un véritable problème de santé publique qui coûte chaque année plus de 7 milliards de francs à la société.

Le phénomène est devenu l’une des priorités des cantons romands. A l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, ceux-ci ont lancé hier, en partenariat avec la Coordination romande des associations d’action pour la santé psychique (Coraasp), un site d’informations entièrement dédié au sujet (santépsy.ch). Interview de Florence Nater, directrice de la Coraasp.

Pourquoi avoir lancé ce site?

L’idée est partie d’un constat établi dans une étude sur la santé mentale publiée en mai 2015 par l’Office fédéral de la santé (OFSP). L’une des conclusions soulignait que, malgré de bonnes infrastructures et une offre de soutien importante, en Suisse, l’accès à l’information est compliqué, trop dispersé. Nous avons donc décidé de créer cette plate-forme, dont l’un des objectifs principaux est de mettre à disposition une information simple et accessible sur le domaine de la santé psychique.

Lorsque vous annoncez qu’une personne sur deux est potentiellement touchée, cela paraît énorme! Qu’entendez-vous par «troubles psychiques»?

Ces chiffres ont été établis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Chacun peut souffrir à un moment ou l’autre de sa vie de troubles psychiques. Prenons l’exemple d’une personne de 50 ans qui perd subitement son travail après vingt-cinq ans au même endroit. Ou qui vit des difficultés familiales. Bref, les aléas de la vie peuvent parfois provoquer un désarroi, une perte de confiance, voire la perte du goût à la vie. Autrement dit, un mal-être qui s’installe pour quelques jours, quelques semaines, voire plus. Le site thématise les différentes périodes de la vie qui peuvent en être à l’origine, comme un accouchement, la perte d’un emploi ou un départ à la retraite.

S’ajoute à cela le fait que nous ne sommes pas tous armés de la même manière contre les difficultés en fonction de notre vécu ou de notre situation.

Comment lutter?

Il est vraiment important de prendre ce problème en charge à temps avant qu’il ne devienne un trouble durable. Bien qu’on en parle plus qu’auparavant, la santé mentale reste encore un sujet tabou. De nombreuses personnes n’osent pas demander de l’aide. Or, plus on garde les choses pour soi, plus les difficultés sont susceptibles de s’installer.

Après, il ne s’agit pas d’un site d’autodiagnostic. Celui-ci doit vraiment être établi par un spécialiste. Souvent, les personnes qui souffrent d’un trouble constant ont déjà été l’objet de trois diagnostics différents au cours de leur vie. C’est dire s’il s’agit d’un problème complexe.

Que propose ce site pour aider les gens, concrètement?

Avant tout une information destinée au grand public. Un dossier définit ce qu’est la santé psychique, comment en prendre soin, comment demander de l’aide, pour soi ou pour un proche, comment agir en situation d’urgence. Il met évidemment à disposition des numéros d’associations d’aide. Nous sommes actuellement en train de compléter un annuaire de toutes les adresses utiles. Enfin, il y a une partie témoignage. Les gens ont ainsi la possibilité de confronter leurs expériences et d’en discuter. Le but, encore une fois, est d’amener les gens à parler et à se sentir moins seuls dans leur situation.

Le but de notre site est également de faire passer un message: il est possible de vivre avec un trouble durable tout en ayant une bonne qualité de vie. Il faut garder espoir. (TDG)

Créé: 10.10.2016, 22h56

Interview

Florence Nater
Directrice de la Coraasp



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