«Certains tarifs médicaux sont trop bas»

SuisseLa présidente de l’association des hôpitaux estime que les urgences et la pédiatrie ne sont pas correctement rémunérées.

Isabelle Moret, présidente de l'association des hôpitaux.

Isabelle Moret, présidente de l'association des hôpitaux. Image: Keystone

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La bataille sur le nouveau tarif des prestations médicales ambulatoires se poursuit. H+, l’organisation faîtière des hôpitaux suisses, a proposé ses propres solutions lundi pour résoudre la crise (lire l'encadré). Interview de sa présidente, la conseillère nationale Isabelle Moret, (PLR/VD).

– Vu que les partenaires de la santé n’arrivent pas à s’entendre, le Conseil fédéral a proposé un nouveau tarif médical (TarMed) pour les prestations. Pourquoi ne vous convient-il pas?
– D’abord le Conseil fédéral n’a pas proposé un nouveau tarif. Il a repris un ancien tarif qui date de 13 ans et il est intervenu ponctuellement sur quelques éléments alors qu’il y a des milliers de postes. Il aurait fallu un tarif complet qui permette de rémunérer chaque acte médical à sa juste valeur. Le gouvernement est intervenu à juste titre sur certains actes ayant des prix trop élevés. Mais le problème, c’est que certains éléments ne sont pas assez rémunérés. C’est le cas notamment des urgences ou de la pédiatrie. Le temps passé par le médecin avec le patient n’est pas suffisamment défrayé. Si le Conseil fédéral veut faire une opération sparadrap sur les tarifs trop hauts, alors il doit le faire aussi avec les tarifs trop bas. Mais la vraie solution, c’est d’obliger les partenaires à négocier l’entier des tarifs.

– Vous approuvez donc la baisse de la rémunération pour certains actes, comme l’opération de la cataracte?
– Il est juste de diminuer le tarif de certains actes en ophtalmologie ou en radiologie. Nous l’avions d’ailleurs proposé. Mais il faut rémunérer davantage d’autres prestations. Chacune d’elles doit être payée à sa juste valeur afin que le patient ne soit pas prétérité.

– En revalorisant certains actes médicaux, vous allez augmenter les coûts de la santé et donc les primes. Cela ne vous gêne pas?
– C’est clair qu’avec un nouveau tarif médical, il ne devrait pas y avoir de hausse globale des coûts de la santé.

– C’est un vœu pieux. Les coûts de la santé ne cessent d’augmenter.
– C’est pour cela qu’il faut se montrer innovatif et proposer de nouvelles solutions. L’une d’elles est d’avoir une rémunération forfaitaire pour toutes les prestations médicales qui sont à la limite entre le stationnaire (où le patient dort à l’hôpital) et l’ambulatoire (où le patient n’occupe pas un lit d’hôpital).

– Ce n’est pas cela qui va empêcher les coûts de la santé d’augmenter…
– En Suisse, la qualité de la médecine est très bonne. Cela a un certain coût et c’est créateur de nombreux emplois. (TDG)

Créé: 22.05.2017, 21h50

Une foire d'empoigne

Si les différents acteurs de la santé (assurances, médecins, hôpitaux, cantons) promettent la bouche en cœur de mettre «le bien du patient» au centre de leurs préoccupations, ils se livrent à une bataille sans merci dès qu’il s’agit de fixer le prix des prestations médicales. Le TarMed, qui recense les tarifs du secteur ambulatoire, fait l’objet d’un gros blocage.

Tout le monde, peu ou prou, trouve la grille tarifaire obsolète, mais chacun a une idée différente pour la réformer. La négociation entre partenaires s’est enlisée et le Conseil fédéral s’est vu contraint d’intervenir en mars dernier. Il a proposé des adaptations pour 2018 qui entraîneraient des économies de 700 millions par année. Des actes en ophtalmologie ou en radiologie seraient ainsi moins rémunérés. Chez les médecins concernés, cela passe mal. La FMH doit encore rendre un avis global sur toutes les mesures proposées. Quant aux cantons, ils veulent favoriser encore plus l’ambulatoire pour diminuer leurs subventions aux hôpitaux.

Les assureurs, eux, accueillent plutôt bien le coup de frein du Conseil fédéral même s’ils se montrent dubitatifs. Ils ne croient pas qu’on arrivera aux 700 millions d’économies promises. H+ vient ce lundi de les conforter dans leur thèse puisque les hôpitaux suisses demandent une rémunération plus élevée pour certaines prestations.

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